
«Lasciate ogni speranza voi ch'entrate» Abandonnez tout espoir, vous qui y entrez. Dante. L'enferABC. Ce ne sont pas seulement les premiers mots de l'alphabet latin. Ce fut un slogan électoral. Un acronyme, en fait. Anglo-saxon, né, sans doute, dans une de ces réputées officines de communication de la Madison Avenue de New York, à la veille des élections américaines de 1980. Cet acronyme disait «Anybody but Carter». Traduit, cela donne «N'importe qui sauf Carter». On sait ce que fut le résultat : Ronald Reagan l'emporta. Lui, il fut présenté aux électeurs indirects du fait de la précaution des pères de l'indépendance à ne pas laisser le menu fretin élire directement qui ils veulent sous la bannière : «Vous avez élu un clown à la Maison Blanche, remplacez-le par un acteur». La traduction est sommaire. Mais elle dit bien ce qu'elle dit. En guise d'acteur, ils eurent, pendant deux mandats successifs, un figurant de série B, à l'excellente mémoire, comme il se doit dans ce métier, pour réciter, répéter ce qu'on lui soufflait à l'oreille en toutes occasions politiques.A lire les commentaires et les évaluations d'honorables politiques, j'en viens à penser que nous sommes tombés dans le même travers. «N'importe qui sauf l'actuel Président». Traduit dans notre langage populaire, cela donne «khalatha tesfa».Rien n'est moins sûr. Et pourtant, c'est ce qui se passe. Des responsables, qui le furent et se croient être, distillent des messages subliminaux, pour les plus subtiles d'entre eux, directs, pour d'autres, dont le vocabulaire se résume à deux ou trois cents mots. Ils assurent qu'une catastrophe est en vue.Et alors ' Alors, nous redoublons de férocité. En ch?ur. Tout indique que nous y allons bille en tête. On ne nous changera pas. Toujours cette «khalatha tesfa», oublieux que durant une décennie, tkhaltete effectivement avec le résultat que l'on sait. Plus de cent mille morts, des atrocités, des actes dont on ne se serait pas cru capables. Comme il m'est arrivé de l'écrire, nous fûmes des hyènes dévorant nos entrailles.Ce n'est certainement pas pour militer en faveur d'une réélection, d'un quatrième mandat, que j'écris cela. J'ai une trop haute idée de mon pays et de l'exercice démocratique pour penser cela. En revanche, je me demande, encore et encore, pourquoi tant de candidats se croient détenir des vérités, des solutions «originales» quand, se penchant sur les rares orientations - il est vrai - des uns et des autres, ils pourraient s'apercevoir que, dans les grandes lignes, tous les mots- clés, sauvetage, réorientation, peuple, justice sociale sont dans toutes les bouches des concurrents, que les ingrédients, qui font les espoirs de ce peuple, sont les mêmes, mais qu'il ne s'agit, souvent, que de dosage de ceci et de cela, d'ingrédients, pour mériter la toque d'un grand chef.Dans cette veine, messieurs- dames les candidats, pour demeurer toujours dans la cuisine des pouvoirs, croire que les électeurs vont se contenter d'une «khalota» en guise de plat de résistance dans les prochaines années, c'est avoir une piètre opinion des électeurs, c'est penser que nous n'avons aucun goût pour la bonne chair pourtant réputée sous d'autres cieux.Que conclure, en première analyse ' Un appel à un néologisme, le matriotisme puisque le patriotisme des pères fait sourire beaucoup de jeunes gens qui ont vécu ce que l'on a fait de ce terme au nom duquel ils ont assisté au pillage. Un rappel à la responsabilité de la mère pour que ces messieurs-dames, qui disent nous représenter virtuellement, traduisent, dans leur conduite, ce que l'Algérienne, la mère nourricière, souhaite le plus en ces temps difficiles : la cohésion de ses enfants. Et qu'ils nous méritent en tant qu'électeurs.Au résultat du programme poursuivi ces dernières années, 15 ans, pour tout dire, opposer un programme de gouvernance, de gouvernement. Crédible. Non pas dans des termes que l'on reniera le lendemain et l'exemple de la France actuelle et des promesses de leur président en est une illustration mais par un système de contrôle citoyen régulier.On ne peut confier le seul bien commun, cher aux c?urs de tous, à un homme toute une vie. La confiance n'exclut pas le contrôle. Nous l'avons dit. Et le contrôle, ce ne sont pas des sondages d'opinion. C'est un exercice démocratique permanent.Prenez sur vous d'inviter les hommes de bonne volonté, les politiques, les candidats déclarés, pour consolider nos idées, à les traduire en agenda, et présentez un candidat crédible.L'Algérie a expérimenté diverses solutions pour conduire le pays. Un ministre faisait remarquer à un journaliste étranger il y a quelques années que ce que les Italiens appelaient le «compromis historique» entre les forces de centre droit et de gauche avait été initié par l'Algérie. Bien vrai. Et les historiens sont là pour le rappeler et l'illustrer. Mais l'Algérie est également tombée, pieds joints, dans ce que le président américain Dwight Eisenhower dans son dernier discours avant de quitter le pouvoir appela, à notre échelle, le «Pentagonisme». La militarisation du pouvoir. Discours d'adieu prononcé le 17 janvier 1961, rédigé par le président de l'université de Harvard, dit-on, avant de passer la main à Kennedy. Il les avait avertis. Ils y sont en plein dedans. Le Pentagone est le détenteur effectif du pouvoir.Nous, nous y sommes nés. On l'appelle pudiquement MDN, DRS.Il faudra bien, pourtant, que l'enfant se libère de cette tutelle. L'Algérie n'a pas consacré, durant des décennies, le quart de son budget, à l'éducation, pour que cette génération soit encore placée sous tutelle. La conduite de la politique par le bout du fusil.Ce peuple a étudié. Observé. Un peuple qui a souffert 132 ans de colonialisme, connu les enfumades, la dépossession de ses terres, l'insulte au quotidien, le napalm des mechtas et dix années noires du terrorisme.Vous trouvez que ce n'est pas assez ' Que ceux qui se disent préoccupés par l'avenir de ce pays cessent de se préoccuper d'eux-mêmes, d'abord, pour chercher et trouver un consensus capable de corriger, ensemble, la trajectoire.Pourquoi ne pas penser, ensemble, NBA ' Non. Il ne s'agit pas du National basket-ball association, le championnat américain de basket. Non. Là, il s'agit d'un autre acronyme. Américain, également. Le dernier. Le seul. Penser, par delà les personnes : «Nothing else but Algeria».Rien d'autre que l'Algérie. La Matrie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bouchan Hadj Chikh
Source : www.lequotidien-oran.com