
La réunion quadripartite à laquelle ont pris part à Vienne en Autriche les chefs de la diplomatie russe, américain, saoudien et turc et dont l'ordre du jour a porté exclusivement sur le conflit syrien a été perçue à juste titre par les observateurs et analystes politiques comme une première diplomatique dont pourrait découler un processus de négociation qui conduirait à une sortie de crise pour la Syrie. Officiellement, les quatre ministres des Affaires étrangères dont les Etats sont directement impliqués de façon multiforme dans le conflit syrien et dans des camps opposés n'auraient fait qu'échanger leurs divergences et griefs et fait le rappel de la vision respective de leur pays sur la solution à promouvoir pour que cesse le conflit syrien.En réalité, la réunion quadripartite de Vienne parce qu'elle a pu avoir lieu est les prémices qu'internationalement les lignes ont commencé à bouger sur le conflit syrien. Par des signaux répétés, les soutiens principaux du régime syrien et ceux de l'opposition en rébellion armée contre lui se sont mutuellement adressés le message que s'étant fourvoyés en militarisant le conflit et que cette option ne les mène qu'au risque d'une conflagration régionale dans laquelle ils ont tout à perdre, ils sont disposés à dialoguer sur une solution acceptable par tous.Il n'y avait pas de miracle à attendre de la réunion de Vienne, mais il faut en saluer la tenue parce qu'elle a révélé qu'enfin il est permis d'entrevoir que les protagonistes étrangers du conflit syrien admettent qu'ils sont en réalité ceux qui l'entretiennent et qui pourront y mettre un terme s'ils trouvent un terrain d'entente qui préserverait pour chacun l'intérêt national respectif.Il est apparu dès le début du conflit syrien que sa résolution ne pouvait s'envisager tant que les puissances étrangères qui s'y sont impliquées s'estimeront en capacité d'influera sur son cours à leur avantage et celui du camp syrien qu'elles protègent. Toutes ont donné le change sur le calcul que chacun a fait en acceptant de participer à des conférences internationales sous l'égide onusienne censées nouer le dialogue et la négociation entre les parties syriennes en conflit. Mais chacune a encouragé ses « protégés » syriens à rejeter les propositions ou revendications des autres et à torpiller systématiquement les initiatives de paix venues du camp adverse.Pour le malheur du peuple syrien, le conflit qui a détruit leur pays est une guerre de dimension internationale qui se fait par procuration. En menant de la sorte cette guerre, les parties syriennes qui se combattent ont perdu toute capacité d'avoir leur mot à dire sur sa résolution. Russes, Américains, Saoudiens, Turcs ou autres trouveront probablement à brève ou moyenne échéance le terrain d'entente qui leur permettra de mettre fin au conflit.Pour autant ils se moquent totalement de ce que veut le peuple syrien et que par conséquent la solution sur laquelle ils s'entendront ne sera pas forcément celle dont sa majorité rêve et appelle de ses v?ux et prières.Le conflit syrien est l'une des facettes du plan de reconfiguration géopolitique à l'?uvre de la région et sur laquelle les grandes puissances et celles aspirant à un rôle régional se livrent à une confrontation impitoyable où peu leur importe que les peuples qu'elle concerne en payent l'inhumain prix comme c'est le cas du peuple syrien.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com