«On peut maintenant prédire presque à coup sûr que le contribuable sera la première des ressources naturelles qu'on aura complètement épuisées.» Anonyme
Je vous avais bien dit un jour qu'il ne fallait pas croire les hommes politiques, quel que soit le lieu ou les circonstances, qu'ils annoncent un temps radieux ou la tempête. Dans un passé très récent, on nous avait promis mille et une merveilles et le paradis sur terre... On nous a même dit que notre pays était protégé de toutes les calamités grâce à ses saints tutélaires. Alors que le monde entier tremblait devant la menace du Sras et de la grippe porcine, notre valeureuse nation, son gouvernement en tête, bombait fièrement le torse en criant le célèbre slogan des républicains espagnols: «No passaran!». Alors que le baril flirtait amoureusement avec les 150 dollars, on nous annonça que le temps des vaches maigres faisait définitivement partie du passé décomposé...
Or, ne voilà-t-il pas que pour la deuxième fois en une semaine, les mêmes, ceux qui faisaient des rêves voluptueux sur des matelas de milliards de dollars, nous préviennent du retour inopiné des vaches maigres. Dire qu'il y a des gens qui n'avaient même pas eu le temps ni songé à la desserrer (ils lui avaient ajouté déjà plusieurs crans depuis l'époque bénie de Belaïd Abdeslam) tellement ils se sentaient à l'aise dedans (sans parler de ceux qui portent le qamis). Enfin bref, même les analphabètes en économie politique viennent d'apprendre qu'il ne faut pas confondre bonne santé financière et bonne santé économique. L'Algérie, qui fait partie du premier lot, se découvre vulnérable: quand les pays industrialisés s'enrhument, les pays du tiers-monde attrapent une pneumonie carabinée ou une tuberculose. Les Cassandre qui nous annonçaient des lendemains gris n'ont pas eu tout à fait tort! Nous allons bientôt avoir les deux pieds dans cette crise mondiale qui devait nous épargner, toujours selon les promesses des préposés à la barre. On nous annonce déjà des plans de rigueur qui vont s'ajouter à la rigueur que la majorité du peuple connaît déjà fort bien. Il fallait y penser avant! Evidemment, la première chose qui vient à l'esprit des gens sains d'esprit, c'est de demander d'abord au gouvernement d'annuler toutes les dépenses de prestige qui grèvent le budget de l'Etat. Ensuite, une autre catégorie de gens qui n'ont pas beaucoup d'imagination, comme cela arrive souvent chez les gens les moins sympathiques d'un pays, souhaiterait une augmentation de toutes les taxes et redevances possibles (télé, téléphones, Adsl, loyers Aadl et HLM, timbres fiscaux et timbres postaux,...). Moi, par contre, je proposerais une solution qui avait été déjà proposée à Louis XIV en son temps et dans de pareilles circonstances: une loterie nationale. Comme l'Algérien est joueur de nature, le simple appel à son sens patriotique le révélerait dans toute sa splendeur. L'Etat engrangerait à coup sûr des dividendes substantiels. Si jamais des voix intégristes autorisées déclaraient cette activité illicite, le gouvernement pourrait se rabattre sur des méthodes expéditives qui ont fait la fortune de bien des dictatures: la répression. Ne vous méprenez pas: il ne s'agit pas de lancer, matraque au poing, les forces de sécurité qui ont déjà fort à faire avec les divers maux qui frappent le pays, mais de mobiliser l'ensemble de ces forces contre les délinquants notoires qui nuisent à l'image du pays bien plus que ces syndicalistes ou ces journalistes qu'on harcèle à longueur de temps. On peut trouver d'autres ressources financières en améliorant l'image du pays tout en combattant des fléaux qui coûtent cher à la société comme à l'environnement: qu'on songe seulement à la manne financière qui s'abattrait sur le pays si on commençait à verbaliser les conducteurs dont le comportement est des plus désinvoltes outre qu'ils sont la cause de nombreux accidents: ceux qui n'attachent plus leur ceinture de sécurité, téléphonent au volant, stationnent là où c'est interdit. De fortes amendes à ceux qui vendent sur les trottoirs ou qui jettent des ordures sur la voie publique. Au lieu de punir d'emprisonnement ceux qui détournent des fonds publics, il faudrait mieux procéder à la confiscation de leurs biens qui seront vendus aux enchères. Mais, auparavant, il faudra former des escouades d'incorruptibles à devenir des virtuoses de la contravention: à un tel régime, les mauvais citoyens finiront par s'amender et le pays ne s'en portera que mieux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selim M'SILI
Source : www.lexpressiondz.com