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Réserves et doutes sur les avancées constitutionnelles promises



Réserves et doutes sur les avancées constitutionnelles promises
T ant que le contenu de l'avant-projet de révision de la Constitution n'aura pas été rendu public, il faut se garder de prendre pour argent comptant les avancées qu'il est censé devoir apporter telles qu'évoquées par le président de la République dans son message à la Nation du 31 octobre et réaffirmées dans le communiqué de la présidence ayant sanctionné l'ultime délibération au sein du conseil restreint à l'issue de laquelle il l'a validé. La réserve s'impose d'autant que le chef de l'Etat a opté pour la voie parlementaire pour faire adopter son avant-projet de révision de la Constitution. N'est-ce pas là l'aveu que ce dernier présenterait des dispositions qui vont rendre purement formelles les avancées esquissées par lui et susciteraient par conséquent la désapprobation populaire en cas de recours à la voie référendaire.Un indice plaide pour que l'on ne s'empresse pas sur la base de ce qui est dit officiellement de taxer de « progrès » les nouveautés que recèle cet avant-projet de révision.C'est celui que l'on décèle dans l'annonce que l'avant-projet prévoit la mise en place d'un « mécanisme de surveillance des élections au service de la démocratie pluraliste ». En apparence cela vaut reconnaissance d'une des principales revendications de l'opposition. Sauf que le doute persiste dès lors qu'il a été fait état que ce sera un « mécanisme indépendant renforcé ». Si le mécanisme en question est indépendant, il n'est nul besoin d'évoquer son « renforcement ».Quels que soient les avancées et progrès que l'avant-projet est censé apporter, il n'en résultera rien de bon si après son adoption les élections dans le pays continuent à être organisées selon les pratiques traditionnelles antidémocratiques. Il y a à parier que l'opposition va scruter avec un soin pointilleux tous les articles et dispositions encadrant l'organisation des scrutins post-révision constitutionnelle et en particulier ce qui a trait à la mise en place du « mécanisme indépendant renforcé » de surveillance des élections.Il ne fait aucun doute pour elle que cette question conditionne tout le reste car elle considère et à juste titre que la Constitution peut disposer que les Algériens et elle-même ont les garanties de la protection de leurs droits et libertés inscrits en ses articles, mais que cela restera lettre morte si les institutions du pays conservent leur caractère d'illégitimité du fait de la constance du non respect de la souveraineté populaire s'exprimant dans les urnes. Mais peut-être bien que Bouteflika ayant décidé de quitter le pouvoir par une porte honorable a-t-il confectionné un avant-projet de révision de la Constitution qui va ancrer l'Algérie dans la démocratie et l'Etat de droit. L'on sera éclairé sur ses intentions sous peu quand le texte constitutionnel sera rendu public.


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