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REPONSE À «NON, L'HOMME NE DESCEND PAS DU SINGE !» Discours scientifiques et dogmes religieux



Monsieur, étant moi-même médecin, j'ai lu avec intérêt votre article intitulé : «Non, l'homme ne descend pas du singe !» Au bout de quelques lignes, je me suis étonné de la teneur pseudo-scientifique de celui-ci.
En effet, la science étant l'étude du monde matériel et de son fonctionnement ne peut inclure des assertions ou des sujets métaphysiques. Une analyse scientifique digne de ce nom ne devrait se baser que, uniquement, sur des faits, rien que des faits dépouillés de toute appréciation subjective. Le fait de réfuter un concept scientifique, une hypothèse ou théorie en se basant sur des textes religieux ou des dogmes religieux sclérosés ne peut être pris pour argent comptant en matière de science ! Le discours scientifique est basé sur une critique constructive reposant sur un socle solide bâti par l'analyse des faits. Cette analyse en question doit aussi inclure, si nécessité il y a, des disciplines aussi diverses que les mathématiques, la physique, la chimie, etc. sans pour autant sortir hors contexte. Ainsi, on ne peut infirmer la théorie de l'évolution en se basant sur des modèles mathématiques par exemple. Depuis Darwin, les différents schémas évolutionnistes se sont succédé affirmant ou infirmant tel ou tel concept, qui, souvent, reposent sur l'analyse paléontologique des fossiles. Cependant, avec l'avènement de la génétique et de la biologie moléculaire, beaucoup d'études évolutionnistes on vu leurs hypothèses initiales se confirmer par l'expérience, notamment celles ayant trait à la microévolution, qui, d'ailleurs, ne relèvent plus de l'hypothèse mais de la constatation. Chez certains virus, par exemple, la barrière d'espèce a été franchie et cela a été constaté de visu par différentes expériences. Enormément d'études de ce genre ont été menées et tendent toutes à affirmer que l'évolution est un fait constaté chez beaucoup d'être vivants. Actuellement, le problème qui se pose, en revanche, est comment celle-ci procède ' La sélection naturelle est-elle une loi universelle ou devrions-nous relativiser son action ' Des questions que se posent Yves Copens et d'autres évolutionnistes à la suite de différentes découvertes récentes qui tendent à montrer qu'il existe des espèces qui ont évolué en un temps rapide à la suite de bouleversements environnementaux brutaux et importants, ce qui ne cadre pas avec le schéma classique évolutionniste de la sélection naturelle lente dans le temps. Ces études se focalisent également sur le caractère épigénétique de certaines transformations. En effet, des gènes découverts récemment sont incriminés dans la reconnaissance de ces changements environnementaux et adaptent l'organisme de telle ou telle espèce de génération en génération. Il est ainsi indéniable que l'évolution soit un fait constaté, mais le problème réside dans la manière dont celle-ci opère chez les différentes espèces existantes sur terre ; et c'est là que résident les questionnements, les recherches et analyses des scientifiques. Monsieur, vous parlez de preuves sans les citer en évoquant des expériences physiques-métaphysiques ' Sachez que la probité doit transparaître des schémas d'études du scientifique, cher Monsieur. Aussi, et ça ne vous échappera pas sûrement, à moins de ne pas avoir un esprit scientifique, que la métaphysique ne fait pas partie du champ d'étude de la science moderne. Pour étoffer un tant soit peu vos propos, vous évoquez Stephan Hawking et Edward Witten, qui sont, respectivement, un illustre physicien et un brillant mathématicien. Je ne vois pas ce que viennent faire ces deux grands scientifiques en matière de science de l'évolution ' Cependant, la seule chose que peuvent apporter ces deux disciplines — les mathématiques et la physique — est le problème du rôle du hasard dans l'évolution des espèces, qui commence actuellement à être de plus en plus contesté par les évolutionnistes honnêtes. En attendant, vos preuves, qui, j'espère, ne découlent pas des thèses boiteuses, subjectives et ascientifiques des créationnistes, je vous cite une phrase d'Albert Einstein qui en dit long sur le hasard : «Le hasard n'est que le fruit de notre ignorance.»
Dr Sadoun Amirouche, médecin, praticien en neurochirurgie
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