En politique, quand la force du verbe ne suffit pas, il faut trouver l'argument adéquat. Et il en faut pour bâtir une carrière et se donner une stature. C'est ce qui manque au sénateur français Gérard Longuet, avec une réaction sans rapport avec le débat politique. Il n'a ni la carrure ni la force de conviction. Interrogé sur la demande algérienne de reconnaissance par la France des crimes de la colonisation, il a répondu par un geste que la décence commande de ne pas rapporter, mais sans jamais l'ignorer. Il était aussi violent que barbare et, en tout état de cause, sans le moindre rapport avec la politique elle-même. En tout cas, telle qu'elle est enseignée et pratiquée.
Cela traduit au moins une grande indigence et les limites que ce personnage a voulu imposer à un débat qui ne peut se régler ni par l'injure ni par des comportements déshonorants. Sauf à vouloir faire preuve d'indulgence à son égard, ce qui ne peut être le cas quand on est sénateur. Son parcours en est révélateur pour avoir été l'idéologue de l'extrême droite dans son pays, jusqu'à être propulsé à des fonctions ministérielles, mais sans jamais perdre de vue ses propres intérêts jusqu'à être poursuivi par la justice de son pays. Après le coup de passion des années 1980 des deux côtés de la Méditerranée, un débat est esquissé, et encore parfois de manière bien maladroite, sur la colonisation que les historiens qualifient tout simplement de crime. Ils se sont toujours gardés d'en chercher de bons ou de mauvais aspects pour la simple raison qu'il n'y en a pas. Effectivement, il s'agit d'un tout lorsqu'un pays envahit un autre pays, le pille et soumet sa population aux pires formes de domination. Jusqu'à nier son existence.
Des deux côtés de la Méditerranée également, l'on se plaît à dire, à juste raison d'ailleurs, que les relations entre la France et l'Algérie ne sont pas ce qu'elles devraient être. C'est bien l'Algérie qui, il y a près de vingt ans, demandait leur normalisation sans jamais être bien comprise. Alger réclamait une mise à plat. Sans suite. Elles sont normales, disait-on à Paris, alors même qu'il y avait à dire et même beaucoup. Cela ne suffisait pas, on le constate, si bien que le chef de l'Etat français, qui effectuera le mois prochain une visite d'Etat en Algérie, en vienne à évoquer des relations apaisées.
Cela veut dire quoi au juste, au regard des échanges de ces derniers jours au sujet de l'histoire commune, avec de fortes divergences ' Nul doute que le débat est toujours plus fort et il ne se règlera pas à coups de gestes qui ne sont rien d'autre que le signe d'une faiblesse extrême. Il faudra beaucoup d'intelligence, ce qui justement semble manquer à ce personnage. Il reste que son acte paraît aussi et peut-être surtout s'adresser au chef de l'Etat français, qui risque de se heurter à de telles positions du genre de celles qui ont été jusqu'à produire des lois glorifiant le colonialisme, comme celle de février 2005. Et dire qu'à cette époque était envisagée la signature d'un traité d'amitié. Cette fois-ci également, il est question d'avenir et c'est bien le rôle des Etats, mais comment sera-t-elle abordée '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com