L'avènement des écoles privées s'est ancré, en quelque sorte, dans le registre de la mode. Depuis que l'Etat algérien a donné le feu vert pour la création des écoles privées, en mars 2004 nombreux sont les parents qui se sont orientés vers ces établissements. Cette année 9 agréments ont été délivrés par le ministère de l'Education pour l'ouverture d'écoles privées, à Oran. Ces établissements vont s'ajouter aux 24 écoles privées que compte la wilaya. Ces dernières assurent l'enseignement dans tous les niveaux et dont une grande majorité est installée dans le grand groupement urbain d'Oran. Malgré la construction et la création de nombreux établissements scolaires, tous types confondus, par l'Etat, certains parents boudent l'école publique pour aller inscrire leurs enfants dans des écoles privées, et pourtant ces parents ont reçu un enseignement public de qualité dans leur jeunesse.En 2004, l'Etat a décidé d'officialiser les établissements privés. Dix-sept ans plus tard, entre partisans et opposants l'école privée divise. «Mon mari et moi avons un emploi du temps un peu compliqué, nous sommes cadres dans une multinationale. Pour cela nous avons opté pour une école privée pour nos deux enfants » nous dira Mme Amina « Cette école s'occupe de son transport et de sa restauration, à midi et peut prendre en charge tout imprévu, en attendant notre venue.
N'empêche qu'elle relève certaines défaillances. Cette dernière dira payer près de 18 millions de centimes par an pour le premier (en cycle primaire) et 20 pour le second (en cycle moyen). Elle ajoutera que « malgré ces sacrifices financiers, on n'est pas à l'abri de certaines mauvaises surprises qui sont légion à l'école publique, comme le manque d'enseignants». Pour Samira professeur à l'université « ma fille a fait son cycle primaire à l'école publique, mais cette année elle est en 1re année moyenne. Je l'ai inscrite dans une école privée, surtout que dans le moyen elle peut sortir à n'importe quelle heure, si l'enseignant s'absente, ce n'est pas comme au primaire où les élèves sont gardés en classe même si leur enseignant s'absente. Il y a aussi la surcharge des classes, ma fille s'est retrouvée dans un groupe de 29 élèves, et a une autre élève avec elle dans la même table, ce qui est contraire au protocole sanitaire de lutte contre la Covid-19, sans parler de l'état des sanitaires qui laisse vraiment à désirer ». Certains parents, avancent que dans les établissements privés, les responsables prennent à coeur la recherche des solutions. D'autres parents préfèrent le public et « accusent certains enseignants des écoles privées ( mais pas tous) de gonfler les notes de leurs enfants et le jour des examens de fin de cycle les élèves se trouvent «coincés» selon Mohamed père de trois enfants, avant d'ajouter que « dans une bonne partie des cas, les gérants des écoles privées ont recours, pour des raisons économiques, à de jeunes enseignants et enseignantes fraîchement sortis de l'université sans expérience professionnelle». Si ces établissements ne font pas l'unanimité parmi les parents d'élèves, une directrice d'une école privée implantée dans la commune d'Oran estime que «ces écoles réalisent des taux de réussite dans les examens de fin de cycle plus au moins satisfaisants et le fait de réaliser des taux de réussite faible par rapport aux écoles publiques s'explique par la vocation des établissements privés qui accueillent beaucoup d'élèves en situation d'échec scolaire issus du secteur public». Pour les prix exorbitants notre interlocutrice le justifie «par le fait qu'il n'y pas beaucoup d'élèves par classe. Il ya des classes avec, seulement, 5élèves».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : J Boukraâ
Source : www.lequotidien-oran.com