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Rencontre sur le thème "la santé mentale en Algérie"



Rencontre sur le thème
"La santé mentale est un grand problème de santé publique en Algérie. La situation interpelle alors que l'on assiste à des comportements et des troubles aussi bien chez les femmes que chez les enfants qui sont en augmentation." Cet aveu, qui ne se voulait pas alarmiste, a été fait par un épidémiologie d'Oran en marge du 7e colloque sur la santé mentale qui s'est tenu ce mercredi à l'ITSP d'Oran, ayant vu la participation de nombreux professeurs et spécialistes venus de plusieurs wilayas du Centre, de l'Est et de l'Ouest. Les comportements suicidaires, y compris chez les enfants et la femme, le stress comme exemple typique de santé mentale, la violence, la mal vie sociale, le mal être si difficile à cerner, mais bien réel, sont autant de signes perçus par les professionnels qui démontrent "l'aggravation de la santé mentale en Algérie". Au point où une autre forme de malaise a été ressentie lorsque les journalistes ont demandé des statistiques sur l'état de la santé mentale en Algérie. Un refus systématique fut opposé, comme pour ne pas risquer une interprétation dramatique, nous a-t-on lancé en guise d'explication. Et cela sauf pour Oran comme focus d'une évolution à l'échelle nationale. Ainsi, en pédopsychiatrie de 2012, date de l'ouverture du premier service spécialisé, à 2013, le nombre de consultations pour troubles a été multiplié par deux, ayant permis de cerner une augmentation très importante des cas de suicides et de comportements suicidaires. En 2013, 7 suicides d'enfants ont été répertoriés, 62 pour les femmes et 7 chez les hommes. Des chiffres multipliés par 5 par rapport à 2012. Le fait que la femme et les enfants soient de plus en plus importants dans les statistiques est un autre reflet du malaise social profond qui touche la société d'aujourd'hui avec des violences faites aux femmes, leur statut de mineure à vie, les divorces et leurs répercussions chez les enfants. Des situations qui, nous explique-t-on, sont aussi à rapprocher de la décennie noire et où depuis les années 2000, la perte des repères dans la société au moment où l'enfant en a besoin pour construire sa personnalité se retrouve perdue. D'autres intervenants mettront à cet instant les mots de liberté, de citoyenneté pour se construire. Tout cet ensemble place donc aujourd'hui la santé mentale aux avant-postes. Pour les professionnels de la santé publique, il est urgent de mieux définir et réorganiser les soins en santé mentale, hiérarchiser ces soins, améliorer la formation, aller vers la mise en place de structures et de services de base pluridisciplinaires, et cela alors que 7,37% du budget total de la santé est consacré à la santé mentale. Mais c'est surtout au niveau de la prise en charge et de la réinsertion que de nombreux efforts sont demandés par le corps médical. Et d'expliquer que les centres intermédiaires ne remplissent pas pleinement leurs missions. Le milieu familial et social restant encore celui qui assure cette prise en charge dévolue à l'Etat. Et pourtant, dans le préambule du programme national de santé mentale élaboré en 2001, il est important de rappeler ce qui est dit, à savoir que "la santé mentale qui est un indice de l'état de santé de la population dans son ensemble, est un état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté".D. LNomAdresse email


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