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Rencontre autour du projet de "territoire du Grand Oran"



Rencontre autour du projet de
Pour l'agence Apur, qui s'appuie sur son expérience mise à l'épreuve dans des villes du tiers-monde, il est important d'ouvrir la ville à des catégories sociales plus équilibrées, ce qui n'est plus le cas dans l'Oran d'aujourd'hui.La journée d'information qui s'est tenue samedi matin dans l'hémicycle de la wilaya d'Oran, présidée par le P/APW, pour évoquer le "projet de territoire du grand Oran", souvent abordé sous la désignation d'"Oran métropole méditerranéenne", a été instructive à plus d'un titre. En effet, alors que depuis près de deux ans l'on évoque cette nécessité de transformer Oran en une métropole moderne, un pôle économique avec un rayonnement culturel, bien des projections, débats et projets ont été lancés et en sont au stade de la réflexion pour l'heure. Sauf si ce n'est le projet d'une nouvelle grande agglomération devant voir le jour à l'ouest de l'actuel centre-ville d'Oran, et dont on sait qu'il devra abriter quelque 200 000 logements, rien de bien palpable n'a été décidé jusqu'ici, du moins officiellement.D'où l'intérêt de l'intervention de deux experts français de l'agence Apur, ayant travaillé sur Paris, et qui sont appelés au travers d'une convention qui va être signée sous peu à accompagner les pouvoirs publics et le bureau d'études devant concevoir les projections du grand Oran pour 2025/2030. D'emblée, les intervenants ont, par leurs présentations, indirectement montré comment, depuis près de dix ans, les pouvoirs et les responsables locaux successifs ont géré et pensé le développement et l'aménagement urbain de la ville d'Oran, à contre-courant de toutes les démarches et tendances qui se sont imposées avec réussite dans le monde.En effet, alors qu'à Oran l'on en est à "délocaliser" les populations modestes des vieux quartiers pour les reloger toujours plus loin du centre-ville dans des cités-dortoirs, de démolir des quartiers anciens comme la Scalera à coups de bulldozer, les urbanistes de l'Apur ont démontré que la finalité des travaux et de l'urbanisme moderne c'est la population justement.C'est autour de la population ? avec des données sur l'évolution de celle-ci, comme la natalité, les conditions de vie, s'attaquer aux différences sociales et aux déséquilibres que cela produit et qui finissent "par impacter l'urbain" ? qu'il faut conceptualiser un grand centre urbain. Pour l'Apur, qui s'appuie sur son expérience mise à l'épreuve dans des villes du tiers-monde, il est important d'ouvrir la ville à des catégories sociales plus équilibrées, ce qui n'est plus le cas dans l'Oran d'aujourd'hui, où les promotions immobilières haut standing envahissent tous les tissus urbains, nés de la démolition et la dégradation des vieux quartiers. De même pour le déplacement de la population là aussi, il est recommandé de penser ces déplacements des citoyens avec des transports en commun, d'autant que la "vitalité d'un centre-ville c'est le commerce, l'animation des rues et des quartiers avec également l'activité économique et ses bureaux". L'autre tendance mondiale, mise en avant samedi à Oran, est celle du patrimoine et de la qualité architecturale "qui sont les marques des grands centres urbains".Là encore, on ne peut s'empêcher de mettre en parallèle les insoutenables façades en verre qui ont poussé au centre-ville d'Oran et du front de mer, cassant toute l'architecture art déco et haussmanienne qui ont fait la marque d'Oran. A se demander comment des permis de construire ont pu être délivrés pour cela, et si surtout les autorités locales vont se raviser en rétablissant cet équilibre au c?ur duquel se trouve la population d'Oran et sa ville.


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