
La démocratie, l'industrialisation, le socialisme sont des créations européennes et les pays du Sud se sont retrouvés dans la situation de négocier leur entrée dans ces territoires. Il faut reconnaître, cependant, qu'en général, les tentatives faites n'ont pas été des réussites. Ni la démocratie, ni l'industrialisation, ni le socialisme n'ont été au rendez-vous. L'entrée en sociologie se présente comme les autres entrées et fait face aux mêmes problèmes. Les tentatives faites jusque-là ont été menées au nom de la spécificité ou au nom du développement ou, surtout, au nom de l'universalisme et toutes trois ont raté leur objet. L'auteur a pris toute la mesure de la difficulté lorsqu'il a mis en 'uvre, dans l'approche de la société algérienne, des concepts élaborés dans et pour d'autres réalités. Il s'est rendu compte alors que le problème est complexe et, pour parler comme les Chinois, il ne concerne pas seulement les flèches (les concepts) mais l'arc lui-même (la théorie sociologique). Le présent ouvrage se pose comme le frère jumeau de l'ouvrage précédent, « L'exception algérienne. La modernisation à l'épreuve de la société » (Casbah Editions, 2007). Le premier est une approche de la société, le second est une approche de la sociologie. Par son rejet, de principe, de l'universalisme européen et sa promotion d'un « universalisme universel » (Wallerstein) ou d'un « nouvel universel polycentrique et transculturel » (Annamaria Rivera), il se veut aussi contribution au débat inspiré par le grand et prometteur mouvement altermondialiste. Cet ouvrage, qui s'attache à l'analyse de positions théoriques et à l'examen de leurs implications concrètes sur les terrains européens et du Sud, se présente également comme une introduction critique à la sociologie. Titulaire d'un doctorat de IIIe cycle puis d'un doctorat ès lettres et sciences humaines de l'Université Paris VII, M. Djamel Guerid a été professeur de sociologie et d'anthropologie à l'Université d'Oran. Il a été président du conseil scientifique du centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (1992-1997). Dans la recherche comme dans l'enseignement, il s'est intéressé à l'épistémologie et l'histoire des sciences sociales, au développement, aux institutions de socialisation et au savoir. Le même auteur avait réalisé « L'exception algérienne. La modernisation à l'épreuve de la société. » Djamel Guerid, l'un des plus grands repères de la sociologie en Algérie, a tiré sa révérence, en août dernier, à l'âge de 70 ans, à Oran. Il a été pendant près de 40 ans au service de l'Université algérienne où il a dirigé de nombreux projets de recherche en anthropologie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : C P
Source : www.horizons-dz.com