Les opérations de réhabilitation du vieux bâti de la ville d'Oran se poursuivent malgré la crise financière. Désormais impliqué directement, l'OPGI (Office de promotion et de gestion immobilière) a pris en charge un programme de 48 immeubles, dont 29 sur la rue Larbi Ben M'hidi et 19 sur la rue Khemisti.Un budget de 2 milliards de dinars a été alloué à cet effet pour toucher près de 500 logements. La décision datant de 2014, sur 36 immeubles dont les travaux ont déjà été lancés, 23 sont achevés et il ne reste plus que 13 immeubles qui sont en cours de lancement.
Les travaux sont confiés à des sociétés étrangères, italiennes ou espagnoles notamment, mais de droit algérien grâce à des partenariats. La première expérience, menée sur le boulevard Maâta, n'a pas été concluante et les effets sont visibles à l'?il nu car, deux années à peine après les travaux, les revêtements effectués sur les façades ont commencé à s'effilocher et les dégradations se poursuivent encore aujourd'hui. A l'époque, la responsabilité n'incombait pas directement à l'OPGI.
Lorsqu'on a lancé l'idée de réhabiliter le vieux bâti du centre-ville d'Oran, certaines entreprises étrangères spécialisées dans ce type d'opérations ont exprimé de l'intérêt mais, vu leur niveau de qualification, la facture aurait été beaucoup plus importante.
D'autres sociétés ont pris le relais, mais n'ont pas été convaincantes. «Les contrats liant les sociétés intervenantes avec les représentants de l'autorité locale ont été rompus de manière unilatérale et tout de suite après avoir constaté la mauvaise qualité des travaux effectués», explique M. Fillali, chef de service à l'OPGI, cumulant près de 24 ans d'expérience. Il faut savoir que cet office a déjà, dès les années 1990, réhabilité des immeubles désaffectés et en état de dégradation avancée mais c'était principalement pour les aménager en bureaux tout en ayant le souci de sauvegarder l'originalité des façades. C'est ce qui a été effectué notamment à Sidi El Houari et avec ses propres ressources financières et surtout humaines. Aujourd'hui, la différence réside dans l'intervention d'opérateurs étrangers et dans le fait que les immeubles pris en charge sont toujours habités, ce qui réduit la marge d'intervention sur les structures.
Néanmoins, il ne s'agit pas ici d'un simple ravalement de façade et les interventions se font sur trois niveaux. D'abord les façades et la consolidation des balcons, ensuite les parties communes dont les cages d'escalier (les marches, les contremarches, etc.) et, enfin, les murs et l'étanchéité là où des failles dans la structure sont constatées. Les résultats sont encourageants et l'épisode des premières interventions semble être de l'histoire ancienne. «Nous voulons néanmoins, affirment les cadres de l'office, lancer un appel aux citoyens pour qu'ils gardent en tête le fait que ces immeubles réhabilités sont un bien commun qu'il faut non seulement sauvegarder mais aussi participer à l'entretien des parties communes, car les travaux ont coûté très cher au Trésor public».
Certaines pratiques sont pointées du doigt, tels l'usage de l'eau pour le nettoyage du parterre, le séchage du linge sur les balcons ou même l'installation des climatiseurs sur les façades, ce qui contribue à la dégradation du bâti.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com