Oran - Revue de Presse

Regard



Comment obtenir rapidement un logement Ceux qui se rongent les ongles en voyant qu’un tirage au sort a été décidé pour l’attribution de logements au frais de la République pour les mal-logés de Ras El Aïn devraient se calmer et lire attentivement les conseils que ce journal leur prodigue moyennant la modique somme de 10 DA. Il y a lieu, tout de d’abord, de se mettre d’accord sur les grands principes: du moment que vous nous lisez, vos chances s’en trouvent alors extrêmement amoindries. La raison est très simple, ceux qui savent lire et écrire n’ont pas beaucoup de chance de bénéficier d’autant de sollicitude de la part des pouvoirs publics dans ce domaine précis. Pour en venir au sujet qui nous préoccupe, il faut se convaincre d’une chose: ceux qui n’ont pas construit de baraque aux abords de la ville dans quelque douar périphérique d’Oran, n’ont pas beaucoup de chance non plus d’obtenir le fameux F3 que tout le monde brigue. Il faut donc émarger à l’ORBO (Office Régional du Bni Ouskout) durant une courte période -quelques mois suffisent- et par-dessus tout s’initier à l’usage de la manifestation de mécontentement devant la daïra et le blocage intempestif des routes avec pneus brûlés et grenades lacrymogènes. Si vous avez la mauvaise idée d’habiter à Oran, par exemple, depuis de longues années et de faire des enfants qui, un jour, voudront avoir un logement par «la voie normale», attendez vous au pire. Vous faites fausse route. Vous avez choisi la formule longue. Elle peut s’étendre indéfiniment pour une raison évidente: vous n’avez pas l’étoffe du DLH (Demandeur de Logement Homologué), celui qui habite avec les chèvres, vend du kif à la criée et fait du bruit devant la wilaya. Si vous êtes enseignant, policier, cheminot ou infirmier, autant renoncer tout de suite, cet article ne vous concerne pas: nous avons le regret de vous dire que votre cas est désespéré, à moins bien sûr que vous ne vous décidiez à rejoindre les rangs serrés des DLH et là vous savez ce qu’il vous reste à faire. Ne nous remerciez pas, ce journal a le sens du service public. Il ne fait que son devoir.
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