Oran - Revue de Presse

Ramadhan



Les familles résignées à rester cloîtrées Les nuits « ramadhanesques » à Oran se suivent et se ressemblent : longues et fastidieuses. La recherche d?endroits cléments et hospitaliers présentant un semblant de relative détente reste une préoccupation majeure pour les nombreuses familles qui se résignent finalement à rester chez elles. Les milliers de familles oranaises résidant dans les quartiers périphériques regardent à deux fois avant de « descendre » en ville. Le dysfonctionnement des transports et la rareté des moyens de locomotion découragent les plus téméraires d?entre elles à s?aventurer en ville. On préfère rester chez soi, en famille, autour d?un thé agrémenté de gâteaux traditionnels. L?absence d?un éventail culturel diversifié, à l?exception de quelques timides galas artistiques et de représentations théâtrales, n?est pas fait pour encourager les Oranais à laisser tomber occasionnellement le logis familial. Pourtant, la propension des Oranais à ce genre de manifestations est légendaire et gagnerait à concilier le public avec sa ville en donnant un « coup de fouet » aux activités culturelles. Le théâtre Abdelkader Alloula a quand même pu donner rendez-vous à ses habitués, férus du 4ème Art. Une quinzaine de pièces théâtrales sont à l?affiche au TRO et des galas artistiques y sont également programmés durant le mois de septembre. Société pantouflarde Quant à la chanson oranaise, elle semble briller par son absence, contrairement aux lointaines périodes de Ramadhan qui étaient spontanément animées par des artistes talentueux ou amateurs. Mais qu?en est-il des animations culturelles dans les quartiers périphériques ? « Nous sommes à cinq minutes d?Oran, pourtant nous préférons rester à la maison. Un taxi refuserait de nous transporter à quatre et un clandestin reviendrait cher (400 à 600 dinars) et puis, il n?y a rien à voir à Oran en dehors des magasins, mais l?Aïd, ce n?est pas pour demain », affirme ce père de famille habitant Sidi El Bachir. Pour la majorité des Oranais, la vie semble rythmée au gré du mois exceptionnel de Ramadhan. Travail, jeûne, taraouih et veillées familiales ou entre voisins. Une attitude que les Oranais mettent sur le compte du délaissement par les responsables locaux de la « chose culturelle ». Triste situation qui confine à l?abrutissement d?une frange de la société rendue pantouflarde malgré elle, condamnée au cloisonnement de l?esprit. La stature d?une ville comme Oran, jadis carrefour de rencontres culturelles qualitativement et quantitativement, répondait à son étiquette de « cité culturelle » aux diversités poétiques, littéraires, théâtrales, lyriques et intellectuelles. Des réjouissances étaient organisées sur les places des quartiers populaires de la ville qui pouvaient durer jusqu?au S?hour, faisant le bonheur des jeunes et des moins jeunes. Parent pauvre, la culture à Oran subit le mutisme du fond des tiroirs de l?administration. En définitive, même s?il existe des volontés franches émanant de quelques associations culturelles qui se lancent dans l?aventure en tirant le diable par la queue, il n?en reste pas moins qu?une politique culturelle dans le court, moyen et long terme est nécessaire afin d?éviter aux Oranais de devenir des pantouflards durant le Ramadan et tous les jours de l?année, cela s?entend.
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