Rachid Boudjelal, père de famille de 2 enfants, vendeur informel à la rue de la Bastille d'Oran, qui s'était immolé par le feu le 14 juin dernier, a été inhumé ce jeudi au cimetière de la commune Hassi-Ben Okba, lieu de résidence des parents du défunt. Les obsèques se sont déroulées dans la discrétion en présence seulement des proches de la famille et de quelques voisins, nous a-t-on dit.Nombre de camarades de Rachid Boudjelal ont dit avoir été pris de court et surpris par l'organisation très rapide de l'enterrement, et n'ont pu assister à la mise en terre du vendeur informel de la rue de la Bastille. Ce dernier, pour rappel, s'était immolé le 14 juin dernier en milieu de matinée au moment où un agent des forces de l'ordre lui avait ordonné de quitter les lieux.
Cela faisait presque trois mois que ce père de famille avait dû cesser son activité commerciale informelle en raison de la pandémie et du confinement. Plusieurs de ses camarades, vendeurs informels de la Bastille, ont, dès le 14 juin, expliqué que Rachid avait dû s'endetter pour acheter sa marchandise, des sandales et chaussures qu'il devait vendre pour rembourser ses dettes et faire vivre sa famille.
Brûlé sur près de 70% du corps, le pronostic vital ne laissait que peu d'espoir pour Rachid Boudjelal, dont le geste désespéré avait provoqué consternation et était interprété, par tous, comme un trop-plein de hogra, qu'il avait par ailleurs dénoncée de son vivant sur sa page Facebook. Dans une vidéo réalisée sur son lit d'hôpital, au lendemain de son hospitalisation au service des brûlés de l'EHU 1er-Novembre, Rachid Boudjelal relatait les faits qui l'on conduit à son geste désespéré.
Un récit qui, aujourd'hui, fait presque office de testament, et reste un témoignage poignant où il indiquait en toute conscience que certains policiers l'ont sommé de ramasser ses marchandises. Il ajoutera que par le passé, il avait eu à se plaindre d'un policier en déposant plainte, tenant à préciser que d'autres agents des forces de l'ordre avaient des comportements tout autres et empreints de respect.
Aujourd'hui, alors que la famille a choisi de ne pas s'exprimer, des amis et camarades de Rachid, qui participaient avec lui au hirak d'Oran, souhaitent et attendent justice, demandant une enquête sur les circonstances ayant conduit à la mort de ce père de famille, laissant une veuve et deux orphelins.
D. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D LOUKIL
Source : www.liberte-algerie.com