Ce marché de fruits et légumes et d'alimentation générale, repère historique de la ville d'Oran et de ses habitants, sombre aujourd'hui dans l'oubli et la lente dégradation.Alors que la rue de la Bastille grouille de monde à longueur de journée, avec le moindre mètre carré occupé par les tables des marchands, à l'opposé le marché Michelet, un autre haut lieu marchand d'Oran, reste tout autant déserté, voire boudé par les clients, y compris ceux du voisinage immédiat.
Ce marché de fruits et légumes et d'alimentation générale, repère historique de la ville d'Oran et de ses habitants, est une magnifique bâtisse à l'architecture similaire aux halls français, remontant à la fin des années 30. Mais aujourd'hui, l'édifice semble sombrer dans l'oubli et la lente dégradation.
La pandémie a accéléré ce processus d'abandon du marché, qui traîne avec lui sa réputation bien établie de marché excessivement cher, étant dans la mémoire sociale collective des Oranais "le marché" des coopérants européens. Ces derniers jours, une vidéo partagée sur les réseaux sociaux a relancé le débat sur la possibilité de revitaliser ce lieu, en permettant aux vendeurs de l'informel de "louer les box désertés", selon les intervenants sur cette vidéo.
L'idée n'est pas nouvelle, et une opération allant dans ce sens avait permis à nombre de petits commerçants (cosmétiques, habillement, téléphonie, etc.) de s'installer dans les sous-sols du marché Michelet, il y a de cela plusieurs années. Sur place, le débat faisait encore rage. "Plus personne ou presque ne vient faire ses courses ici.
Regardez, pas plus de 8 ou 9 commerçants ont une activité maintenant. Presque tous les box réservés aux marchands de fruits et légumes sont abandonnés", regrette un commerçant encore en activité, d'un large mouvement du bras. Mais dès que l'on aborde la question des raisons de la défection des clients, l'unanimité vole en éclats.
"Les clients ne veulent pas venir parce que c'est vide, il n'y a plus de commerces. Certains petits locaux sont utilisés comme de dépôts de marchandises par ceux qui sont dans les sous-sols. Nous, on aimerait que l'APC nous aide pour que le marché Michelet soit plus attractif", soutient un commerçant.
Le chiffre d'affaires en baisse, les frais d'exploitation et des loyers oscillant entre 1600 et 1900 DA, tout cela fait que nombre de locataires ont abandonné les lieux. À l'extérieur de l'enceinte du marché Michelet, à l'abri du regard des autres, un citoyen fait entendre un autre son de cloche.
"Vous savez, la désertion du marché est ancienne et s'est accentuée avec le temps et la conjoncture. C'est eux-mêmes (les commerçants, ndlr) qui en sont les premiers responsables. Les prix sont trop élevés par rapport à la Bastille ou à M'dina J'dida. C'est normal, le client va là où il trouve son compte !", affirme-t-il.
Selon lui, il faut changer l'activité du marché, dans une opération similaire à celle effectuée pour l'exploitation du sous-sol. Mais ce n'est pas sûr que l'idée trouve un écho favorable auprès de la majorité des commerçants encore en activité à l'intérieur.
Néanmoins, les plus pessimistes redoutent un scénario identique à celui qui a amené la démolition du marché de gros d'Oran.En attendant une hypothétique revitalisation des lieux, le marché Michelet reste l'un des repères phares du centre-ville d'Oran.
D. LOUKIL
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D LOUKIL
Source : www.liberte-algerie.com