Le v'u a été clairement formulé : réformer le transport universitaire pour mettre un terme à la situation de monopole qui dure depuis des années. La voie à suivre n'a pas encore été tracée. En attendant, le groupe Tahkout continuera de transporter les étudiants. Si sa direction assure ne pas avoir de difficultés de trésorerie, les chauffeurs de bus sans salaires depuis le mois de mai menacent de débrayer, alors qu'une partie des étudiants reprenaient le chemin des campus hier dimanche.Une partie des étudiants retrouvaient hier des universités qu'ils ont dû quitter au mois de mars en raison de la situation épidémiologique. La reprise concernait également les œuvres universitaires et donc le transport. Les fameux bus orange sont donc appelés à reprendre du service, l'établissement Tahkout jouissant d'une situation de quasi-monopole dans plusieurs wilayas.
Officiellement, l'entreprise a raflé le marché après des offres d'appel, le procès de Mahieddine Tahkout avait permis de révéler les dessous de passations de marchés obéissant à des critères très subjectifs et des ordres «venant d'en haut». Résultat : des millions d'étudiants sont transportés par une seule et même entreprise, brassant, des années durant, des milliards. C'est à peine si l'Etusa avait réussi à rafler une toute petite part de ce marché juteux. Rien n'a changé depuis l'incarcération du premier responsable du groupe Tahkout. Son entreprise dédiée au transport des étudiants a continué à activer.
La situation sanitaire n'a pas épargné l'entreprise et son personnel. Le gel de l'année universitaire a réduit à zéro l'activité de l'entreprise. Les chauffeurs de bus sont sans salaires depuis le mois d'avril. La grogne monte. Ils menacent de faire grève. L'entreprise tente d'absorber cette colère en proposant le paiement d'une partie des salaires des mois de mai, juin et juillet. Le groupe assurait pourtant, tout récemment, ne «pas avoir de problèmes financiers». Pour combien de temps encore '
À l'occasion du dernier Conseil des ministres, le président de la République avait donné des instructions afin de procéder à « la révision du dispositif de transport universitaire et d'envisager de nouvelles solutions qui évitent les situations de monopole et favorisent la concurrence». Il s'agira de procéder à «de profondes réformes du système universitaire concernant les volets relatifs au transport et à l'hébergement» dans le cadre d'une réflexion globale sur celles du système des œuvres universitaires». Quelle forme prendra cette réforme ' Pour l'heure, aucune piste n'a été dégagée mais il s'agira de réviser les modalités d'octroi du marché du transport universitaire. Plus question de le conditionner par la taille de la flotte du soumissionnaire qui a constitué jusque-là le prétexte pour favoriser le groupe Tahkout. Des entreprises de moindre taille pourront accéder à ce marché. Impossible d'en savoir plus, toutefois.
Au niveau de la direction de l'Agence de l'amélioration du cadre de vie des étudiants et de l'animation en milieu universitaire, c'est la directrice qui est en congé. Idem pour le chargé de communication du ministère de l'Enseignement supérieur. La Direction des œuvres universitaires était, quant à elle, aux abonnés absents. C'est elle qui a pour mission de gérer le transport universitaire conformément à ses statuts.
Une gestion qui, au fil des années, a mené un bon nombre de ses directeurs au banc des accusés pour malversations.
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com