
Tout pays doit disposer d'un minimum de réserves pour assurer la sécurité de ses échanges internationaux, donner confiance vis-à-vis de son économie et protéger ses citoyens des aléas des marchés internationaux. Un minimum de réserves est donc conseillé, disons au maximum deux années d'importations de produits et de services incompressibles. Lorsqu'on parle d'un niveau optimum, il ne faut considérer que des produits vitaux pour faire fonctionner son économie.Tout au plus devons-nous considérer 20 à 25 milliards de dollars par an comme étant des besoins impérieux dont nous ne pouvons pas nous passer. Au maximum pouvons-nous justifier 40 à 50 milliards de dollars de réserves. Nous avons presque trois fois plus que nécessaire. Mais les plus sages diront que nous avons besoin de prendre beaucoup de précautions ; et ceci n'est pas une mauvaise utilisation des réserves que de les garder sous le montant et la forme actuelle : c'est-à-dire surtout des bons de Trésor américains sûrs mais peu rémunérés.Certes, il y a toujours le risque politique de les voir gelés si par malheur un grave conflit politique éclaterait entre les deux pays. Mais l'analyse des risques politiques n'a jamais été une de nos préoccupations majeures. L'examen minutieux des politiques officielles des deux pays laisse à croire qu'une telle éventualité a une très faible probabilité de se produire. Notre pays a toujours fait preuve d'habileté politique pour ne pas se laisser enfermer dans des situations stériles. D'un point de vue économique, il est fort connu qu'il ne faut point laisser des ressources sans utilisation optimale. Il serait dommage d'empiler les dollars qui vont certes sécuriser le pays, mais qui auraient pu être utilisés ailleurs avec beaucoup plus d'efficacité.Les quelques pistes d'actions déjà proposéesLa question de l'utilisation des réserves a déjà alimenté de nombreux débats sur la scène nationale. Les positions des uns et des autres ont varié en fonction de la situation de l'économie mondiale. Avant 2007, la plupart des analystes orientaient les décideurs vers la création de fonds souverains. Il était question d'imiter les pays du golfe, Singapour et de nombreux autres pays qui utilisaient leurs ressources en les investissant massivement dans les pays développés. Ce sont généralement des pays qui ont des capacités d'absorption limitées, étant dotés de ressources abondantes et de populations réduites. Probablement cette position recevait l'aval de la vaste majorité des analystes.Les quelques réticences évoquaient le fait que nous n'avons pas formé les ressources humaines compétentes pour gérer ces fonds avec une rentabilité acceptable. Les faire gérer par des partenaires internationaux ne recevait pas l'approbation des décideurs. Alors les adeptes contemplaient la possibilité de confier ces ressources à nos expatriés qui se sont spécialisés dans le management de ce genre d'institutions. Et nous disposons de compétences avérées dans ce domaine. Par la suite, la crise des Subprimes a montré la fragilité d'une telle approche. Les déboires subis par les pays du Golf ont été faramineux.La presse parle de 600 milliards de dollars de pertes sèches. Certains s'enlisaient dans de graves problèmes de liquidités. La crise de Dubaï ne s'est calmée qu'avec l'aide de l'émirat voisin d'Abu Dhabi. Alors, de nombreux analystes commençaient à réviser leur copie. L'économie mondiale avait connu auparavant une période de relative prospérité ; et les investissements financiers fournissaient de confortables dividendes aux investisseurs. Mais ce paradigme d'investissement purement financier connut ses plus graves dommages durant cette période. Certes, les investissements étaient également présents dans l'immobilier. Mais ce dernier était une des sources les plus importantes des crises qui secouaient le monde de la finance.Le schéma des fonds d'investissements financiers commençait alors à prendre de l'eau un peu partout. Les politiques de prudence des pouvoirs publics commençaient à être louées par la plupart des analystes et des citoyens comme étant une source de stabilité nationale. Cette position n'est pas tout à fait éloignée de la réalité. Mais on pouvait mieux faire.Y avait-il une meilleure option 'La plupart des pays disposent de réserves pour sécuriser les investisseurs et leurs transactions futures. Mais tout est question de degré. Le fait qu'on se classe parmi les treize pays qui jouissent des réserves les plus importantes au monde doit nous interpeller. Nous en avons plus que la France et les USA. Bien sûr, cela ne signifie en rien qu'on est mieux géré. Au contraire, nous stockons trop d'argent. Ceci serait acceptable si le taux de chômage serait aux environs de 3% et le taux de croissance supérieur à 10%. Mais au fait, il n'en est rien. Alors, la meilleure option a été développée par certaines entreprises aux stratégies avérées et surtout la Chine.La crise a fait basculer de nombreuses entreprises dotées de savoir-faire impressionnants et de haute technologie dans des situations périlleuses pour leur avenir. La possibilité de déposer le bilan fait que leurs actifs se dévalorisent très fortement. Mais ce sont surtout leurs savoir-faire (brevets, recherche et développement) qui constituent leurs meilleurs atouts. La Chine a acheté entre autres Volvo, une partie d'IBM, des entreprises de production de tracteurs, de recherches et développement agricoles, etc.Songeons un instant si on avait fait de même. Nous aurions sur notre sol des entreprises qui produiraient des voitures, des ordinateurs, du blé, du lait, des médicaments, tout en améliorant sans cesse la qualité et la productivité. Nous aurions réduit la facture d'importation de plus de moitié, en plus de se réindustrialiser efficacement et d'exporter. Les pays développés sont en train de sortir petit à petit de la crise. Bientôt il y aura de moins en moins d'actifs technologiques externes à bon marché. C'est maintenant ou jamais d'utiliser efficacement une partie de nos réserves. La meilleure utilisation ' En plus de recycler nos ressources humaines, de moderniser les pratiques managériales des entreprises et des administrations, nous devons acheminer sur notre sol les actifs technologiques et les intangibles qui vont nous faire gagner la bataille de la création d'une économie diversifiée hors hydrocarbures. Avant qu'il ne soit trop tard !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelhak Lamiri PH D en sciences gestion
Source : www.elwatan.com