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Quartier El Akrade : la menace des chômeurs Alger : les autres articles



Quartier El Akrade : la menace des chômeurs Alger : les autres articles
Le boulanger du quartier déclare ne pas être concerné par le mouvement des boulangers de ces derniers jours à travers la capitale.
Qu'on nous dise quand est-ce que nous serons relogés. Nous attendons depuis des années l'opération qui mettra fin à cette vie précaire qui dure depuis plusieurs décennies. Plus de 150 familles ont vécu, cet hiver, des moments pénibles. Des personnes sont malades et d'autres sont mortes à cause de l'amiante qui se trouve dans les plaques servant de plafonds aux baraques. Des dizaines d'enfants sont atteints de bronchite, d'asthme et des adultes d'hypertension.
Le plus inquiétant, ce sont les jeunes qui sont les proies à toutes les formes de délinquance», ne cesse de répéter le chef du comité du site, ainsi que des pères de famille rencontrés sur les lieux. Des familles et des personnes recasées sont venues des communes de la capitale et même d'autres wilayas, depuis le début des années 1980. Le boulanger du quartier déclare ne pas être concerné par le mouvement des boulangers de ces derniers jours, à travers la capitale. «Personnellement, ce qui m'intéresse le plus, c'est de continuer à vendre du pain ordinaire à la plupart des familles. Parfois, je ne suis pas payé car le chef de famille est chômeur. Certains jeunes errent sous le froid et la pluie», déclare-t-il.
Juste en face, un marchand propose des oranges à 240 DA/kg et des bananes à 180 DA/kg. «Tu ne trouveras pas mieux qu'ici. Regarde, de l'autre côté, on vend des oranges de mauvaise qualité à 160 DA», affirme ce vendeur, qui fait concurrence à ceux qui étalent leur marchandise devant les bâtiments de la cité urbaine CNEP. Des légumes et des fruits posés sur des étals plantés dans la boue et les eaux stagnantes des dernières inondations. Nous rencontrons aussi des écoliers à leur sortie d'une des deux écoles situées dans ce bidonville. Interrogé sur les conditions de scolarité, Aboubaker, élève en quatrième année, parle du froid dans les salles de classes dépourvues de chauffage, mais malgré cela, il déclare heureux : «Je suis content d'avoir une moyenne trimestrielle de 8 sur 10».
Un collégien, Allal, de l'unique CEM de Saâdallah, nous confie également : «C'est très pénible d'être issu d'une famille pauvre qui habite une baraque, et de suivre les cours dans un CEM où il n'y a pas de cantine.» Pour les parents, comme Rafaï Karim, toute la misère provient de ce ghetto : «Imaginez notre mal-vivre, nous sommes trois familles recasées dans un deux pièces cuisine, et ce, depuis vingt ans. Je suis agent polyvalent à l'APC des Eucalyptus et je touche 5400 DA, dans le cadre de l'emploi de jeunes. Comment pouvons-nous nous en sortir, quand en plus mes enfants souffrent tout le temps de la toux. L'eau que nous buvons après les inondations est très trouble, et les eaux de pluie ruissellent du plafond et sur murs. El hagra nous rend fous, mon frère ! Et puis, les responsables ne veulent rien faire dans le domaine de l'emploi et du relogement», désespère-t-il.
Son voisin, Ami Mouh, fonctionnaire retraité intervient : «C'est vrai ce qu'il dit. C'est le chômage qui nous a mis à genoux. Nos enfants en déperdition scolaire n'ont pas où aller. Il n'y a ni café, ni bibliothèque, ni terrain de jeux. Ils n'ont, devant eux, que les portes fermées des administrations publiques, et les vices de tous genres qui les guettent». L'interrompant : «De la drogue vous voulez dire '».Il réplique révolté : «C'est sûr ! Je vous ai dit de tout. Vous comprenez. Quant à moi, avec ma retraite et les petites courses que je fais à bord de cette voiture, nuit et jour, je n'arrive pas à subvenir aux besoins d'une famille de six personnes. Que peut donc faire un chargé de famille de plus de dix individus, qui est en plus au chômage ' Pensez-vous que ces adolescents, ces jeunes sans aucun avenir vont être à l'abri de tous les maux existant au monde '».
Un citoyen nous rejoint pour ajouter : «C'est la même misère que nous vivons au bidonville de Nekhla, au Palmier, un des 17 bidonvilles recensés. Nous voulons seulement que les responsables nous procurent du travail, ou nous dire quand nous quitterons ces tombeaux habités par des morts-vivants !». A ce propos, le chef du comité de quartier, K. Salah précise : «A maintes rencontres et visites, des hauts responsables, dont Ziari, et les walis délégués de la circonscription administrative de Baraki, sont venus, sans pouvoir mettre fin à ce qu'ils ont pu voir et constater dans ce site, qui existe depuis plus de trente ans. Ils nous ont tous promis d'être, un jour, relogés. Des centaines de logements sont réalisés ou sont en cours de réalisation sur le territoire de la commune. Qu'est-ce qu'ils attendent pour nous reloger '», se demande-t-il, mécontent.
Son adjoint, un fonctionnaire, soutient également que «c'est trop de misère et d'attente !», faisant allusion à la réponse du maire des Eucalyptus, lors d'une toute récente visite. «Il nous a dit clairement qu'il n'a aucune information sur la date de relogement, et que cela dépasse ses prérogatives». Là, Si Salah crie : «Mais pourquoi il a demandé nos voix lors du vote ' Que fera-t-il, si nous allons nous rassembler devant les logements, qui ne sont pas si loin d'ici '», tempête-t-il.
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