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Quand revendiquer un emploi prend des formes dramatiques Oran



Revendiquer le droit au travail et à l'emploi par des actions de protestation est devenu une nouvelle forme de protestation en Algérie.
Durant les années 90, quand des chômeurs organisaient une marche nationale pour rallier Alger, les observateurs annonçaient l'organisation de la revendication pour le droit au travail loin des structures officielles qui ont montré leurs limites dans la gestion du phénomène chômage-emploi.
Des années plus tard, le phénomène des rassemblements et autres sit-in pour revendiquer un travail s'est radicalisé, prenant même des formes violentes qui font peser de graves menaces sur la sécurité publique.
Aujourd'hui, la revendication qui tend à s'organiser dans le sud du pays et sur laquelle pèsent des menaces d'instrumentalisation aussi bien internes qu'externes a changé de forme.
On ne s'embarrasse plus aujourd'hui de revendiquer un emploi en menaçant de recourir à l'immolation par le feu, au suicide collectif ou en tentant d'entraver des activités d'instances officielles comme ce fut le cas à Ghardaïa, avec la tentative d'empêcher la tenue de la traditionnelle fête du tapis qu'abrite chaque année cette cité.
D'ailleurs, selon des sources locales, les initiateurs de cette action se seraient inspirés des tentatives de certains syndicalistes et partis de la gauche marocaine qui avaient tenté d'empêcher la tenue du festival culturel Mawazine, il y a une année. Leur action, qui avait réussi, a fait des émules de par le monde.
A Annaba, les jeunes qui ont menacé d'un suicide collectif, ont revendiqué le droit à un emploi que pourraient offrir aussi bien le complexe d'El Hadjar que les différents projets d'investissement dans la région. «Le complexe d'ArcelorMittal offre des emplois qui ne profitent pas aux jeunes de la région.
C'est le problème du recrutement illégal qui se pose avec acuité également dans cette région du pays. L'Anem se doit de recenser toutes les opportunités qui s'offrent à l'échelle nationale pour créer un fichier national et maîtriser réellement la dynamique de l'emploi», affirment des sources.
Il y a quelques mois, des jeunes de Laghouat, diplômés universitaires, s'étaient rassemblés pour brûler leurs diplômes. «C'était une forme de suicide collectif.
Les jeunes donnaient la mort aux lettrés qu'ils sont pour revendiquer n'importe quel travail. Les sociologues devraient se pencher sur le phénomène car il y a de forts indices qui laissent prédire la radicalisation du mouvement qui pourrait prendre des formes violentes», avertissent des responsables de l'Anem qui affirment que seule une politique qui donnerait la part belle à l'agence permettrait de sauver le pays
et surtout offrir des perspectives aux jeunes demandeurs d'emplois.
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