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Quand le fair-play fait défaut aux responsables



Quand le fair-play fait défaut aux responsables
Photo : Riad
Par Kamel Amghar
Quand on prononce publiquement de graves accusations à l'encontre de quelqu'un, on doit obligatoirement fournir des preuves tangibles. Sinon, la réserve doit prévaloir. L'éthique, en toute chose, veut qu'on ne condamne pas une personne sur de simples suspicions. Les juristes parlent de présomption d'innocence. Cinq footballeurs de la JSMB ont été récemment suspendus par leur direction sous prétexte d'avoir «levé le pied» lors du match perdu à domicile devant la modeste formation du MCO. Le staff technique, criant au complot, signifie clairement que les cinq accusés avaient volontairement trahi leur équipe pour «vendre» la victoire à leur vis-à-vis du jour. Le club phare de la Soummam, profitant d'un concours de circonstances favorables qui l'a subitement propulsé tête du classement de la Ligue I professionnelle, décide opportunément de jouer le titre. Son hôte du jour, menacé de relégation, lui, semble largement prenable. Plus réalistes, les Hamraouas d'Oran abordent la rencontre avec sérieux, et l'emportent, finalement, sur le score de trois buts à un. Au coup de sifflet de l'arbitre, les milliers d'inconditionnels des Vert et Rouge, décontenancés, réclament des comptes et dénoncent bruyamment une «arnaque». Mis au pilori, l'entraîneur, Alain Michel, désigne «les responsables de la défaite» et demande à son employeur de prendre les mesures disciplinaires qui s'imposent. Maïza, Boucherit, Maroci, Kacem et Benchaira ont été lourdement chargés par leur coach, mais sans présenter la moindre preuve de leur culpabilité dans cette sombre affaire. Réagissant à chaud, le boss Boualem Tiab, faisant visiblement foi à son technicien, décide de suspendre les cinq athlètes en appelant la ligue nationale à ouvrir une enquête minutieuse à ce sujet. Injustement chassés comme des malpropres, les accusés réagissent immédiatement en clamant leur innocence. Ils expliquent cet acharnement par la grève qu'ils avaient précédemment initiée pour percevoir les arriérés de salaires et autres indemnités. «Les accusations portées contre nous sont fausses et infondées», dira Maroci. «Je jure que je n'ai rien magouillé!», s'exclama Boucherit. Se rendant vite compte de sa précipitation, la direction de la JSMB reçoit les joueurs sanctionnés pour les écouter attentivement. La triste affaire tend aujourd'hui à s'aplanir. «Boualem Tiab est un homme respectable, mais il a été induit en erreur», estiment les concernés qui endossent l'entière responsabilité de la tempête à leur entraîneur. Du côté du MCO, l'entraîneur-adjoint estime que la victoire de son équipe a été honnête et largement méritée. «La JSMB a mésestimé notre équipe. Béjaïa pensait surtout au match suivant face à un autre prétendant au sacre, l'USMA en l'occurrence. Les gars d'Alain Michel ont clairement manqué de concentration et de fraîcheur physique. On a eu les trois points du match à la sueur de notre front», explique Haddou Moulay. Tout cela pour dire que l'éthique sportive a manifestement manqué aux responsables, techniques et administratifs, de la JSMB tout au long de ce mauvais feuilleton. Il est bon de demander aux joueurs d'être fair-play, mais les responsables aussi ne doivent pas perdre cette valeur de vue. «Vouloir gagner, savoir perdre», dit la fameuse devise.


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