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Quand la peur tient loin des centres de dépistage...



Quand la peur tient loin des centres de dépistage...
L'Unité de recherche en sciences sociales et santé (GRAS) a organisé récemment à l'université d'Oran Es Senia (ex-IAP) une table ronde qui avait pour thématique : «Sexualité : jeunes et internet».A vrai dire, ce sont deux membres qui activent dans l'association APCS, ? celle-là même qui a pour vocation de lutter contre le sida et de sensibiliser les jeunes sur la nécessité de se protéger et d'entreprendre régulièrement des dépistages ?, qui ont animé cette table ronde à laquelle a pris part tout un parterre de psychologues, psychothérapeutes, médecins et enseignants universitaires. Au final, force est de dire que le contenu de la conférence s'est concentré surtout sur la communauté homosexuelle qui habite à Oran.En prenant la parole, Wafi, membre de l'association APCS, a déclaré que depuis l'année 2014, après avoir bénéficié d'une formation sur la prévention virtuelle, son objectif est de toucher le plus grand nombre de jeunes, notamment dans la communauté gay d'Oran pour les sensibiliser sur la nécessité d'entreprendre des dépistages. «On est une association qui travaille avec le grand public, avec toute la société en général, mais on essaye de cibler surtout les populations vulnérables», explique-t-il.Et autant dire, selon lui, que les premiers résultats ont été probants : «Certaines personnes à la vie sexuelle très active ne mettaient pas auparavant des préservatifs. Aujourd'hui, avant tout rapport, ils n'omettent pas de se protéger.» Une première victoire de cette association donc, même si, aux dires de l'intervenant, il y a toujours un blocage dès lors qu'il s'agit de dépistage. «En deux ans, j'ai dû parler avec plus de deux cents personnes et les sensibiliser via internet. Ils ont certes, pour beaucoup, changé leurs comportements, notamment en ce qui concerne la protection.En revanche, sur ces 200 personnes, pas plus de 7 sont venues à notre association pour un dépistage.» Selon lui, il y a d'abord la peur d'être reconnu dans ce centre de dépistage par un membre de la famille, et à cela s'ajoute l'appréhension de se découvrir sidéen. «Parfois, il y a la peur de se découvrir sidéen et de se demander comment on va continuer à vivre dans cette société.Aussi, on se dit : autant ne pas savoir.» Et de relater, en guise d'anecdote, le cas d'un homme habitant à Tlemcen qui est allé jusqu'à Saïda pour se faire dépister, et cela afin d'éviter tout risque de croiser un membre de sa famille. Le Pr Mebtoul, président du GRAS a, pour sa part, affirmé que la famille, en dépit de ce qui se dit, ne rejette pas automatiquement un de ses enfants dès lors qu'il est atteint du sida : «Il ne faut pas généraliser ; dans la famille, il y a toujours une solidarité, même si elle est informelle parfois quand on a un enfant atteint du sida.Le rejet n'est pas systématique.» Une autre intervenante a expliqué qu'auparavant le siège de l'APCS se trouvait à Cave Gay, non loin de Gambetta, et son emplacement jouxtait quatre autres directions, notamment l'observatoire de la santé. Aussi, l'affluence qu'il y avait à cet endroit rendait de facto la population très réticente à s'y rendre pour une éventuelle action de dépistage, car elle était aussitôt taxée comme étant sidéenne. Mais depuis octobre 2013, le siège de cette association se trouve à la rue Ho Chi Min, en plein centre-ville, ce qui garantit «l'anonymat».
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