AbdelazizBelkhadem a été chargé par le Président de la République de lereprésenter à la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement des pays del'Afrique et de Turquie, qui se tiendra aujourd'hui et demain mercredi àIstanbul. Cette information, diffusée par l'APS, a été répercutée telle quellepar certains journaux nationaux et totalement ignorée par d'autres. Leslecteurs qui nous font l'honneur de nous lire peuventalors s'interroger sur l'intérêt que nous semblons lui accorder. Il n'y en aeffectivement aucun sur l'événement qu'elle rapporte.
C'estjuste qu'elle nous a remis en mémoire les nombreux commentaires et analysesauxquels a eu droit en son temps l'information similaire, quand l'actuel chefdu gouvernement Ahmed Ouyahia avait été désigné luiaussi pour représenter le chef de l'Etat à un sommet de même niveau et de mêmenature qui s'était tenu à Tokyo.
Ladésignation d'Ouyahia avait fait écrire à certains denos confrères qu'elle mettait «un terme à sa traversée du désert» et confirmaitque nos «décideurs» l'ont investi d'un destin national. Supputations qui ont euun semblant de confirmation quand peu de temps après, Ouyahiaa été rappelé à la chefferie du gouvernement en remplacement de Abdelaziz Belkhadem précisément.
Laquestion que nous nous posons est celle de savoir pourquoi la désignation de Belkhadem pour la même prestigieuse mission n'a guère donnéà nos confrères matière à décortiquer son sens et sa signification. Ilsauraient dû normalement la commenter, ne serait-ce que parce qu'ils se sontempressés «d'enterrer» l'ex-chef du gouvernement après qu'il a été mis fin à safonction. Puisque l'on a conclu qu'en désignant Ouyahiapour le représenter à un sommet de chefs d'Etat et de gouvernement, Bouteflika entérinait ainsi son statut d'homme appelé à undestin national. Pourquoi se garde-t-on d'appliquer cette «même logique» dansle cas de Belkhadem ? C'est que justement sadésignation infirme toutes les spéculations que celle d'Ouyahiaavait suscitées.
Toutcela pour conclure qu'il arrive trop souvent dans notre profession que l'on selaisse aller à trouver de spécieuses raisons et explications à des événementsou décisions en ignorant celles qui sont évidentes.
Pourcette affaire qui nous occupe, l'évidence est que le choix d'Ouyahia ou de Belkhadem n'a rienà voir avec des calculs et des enjeux de Pouvoir. Il en a été du respect et duprestige de la fonction présidentielle. Le chef de l'Etat, empêché pour uneraison ou une autre d'être présent en personne à des rencontres internationalesregroupant des homologues et des chefs de gouvernement, ne peut faire moins quedéléguer la représentation du pays à des personnalités ayant eu à occuper lesplus hautes fonctions dans l'Etat. C'est le profil d'Ouyahiaet de Belkhadem. Tout le reste n'est que falbala.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com