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Quand la fracturation hydraulique est contestée Economie : les autres articles



Le développement de la fracturation hydraulique et le fait que même les zones urbaines soient touchées par la ruée vers les shale gas a amené les citoyens de plusieurs villes à se mobiliser contre cette activité, y compris individuellement ou à travers les organisations de défense de l'environnement.
La société civile aux Etats-Unis a été et reste très active pour essayer de contrer le phénomène de la fracturation hydraulique surtout dans les zones urbaines. Mais le caractère privé des terres et le système américain qui favorise la liberté d'entreprendre font que la recherche du consensus prime sur l'intervention des autorités pour interdire l'activité.
De plus, il est difficile pour un citoyen, dont la propriété renferme du gaz, de résister à la tentation financière. En effet, le propriétaire du terrain où a lieu le forage reçoit 30 000 dollars par hectare, et lorsque la production démarre, il a droit à 25% du gaz qui sera produit.
Généralement, quand un mouvement fait pression, des initiatives pour améliorer la réglementation sont prises, comme dans l'Etat du Texas où les sociétés sont tenues de rendre publiques les matières utilisées dans la fracturation en les rendant disponibles pour le citoyen sur le site web.
Le mouvement dans l'Etat du Texas a amené le Conseil municipal de la ville de Dallas dans l'Etat du Texas à créer au mois de juin 2011 un groupe de travail sur le forage de gaz. Ce groupe de travail surnommé Dallas Gas Drilling Task Force a remis en mai dernier un mémorandum qui était le résultat d'une enquête de près d'une année.
Sa mission a consisté à faire des recommandations pour le Conseil municipal de la ville de Dallas concernant les révisions possibles de la réglementation pour le forage du gaz et permettre aussi au conseil d'édicter des ordonnances.
Quatre aspects importants ont été examinés par Dallas Gas Drilling Task Force, la délimitation des zones pour le forage, les critères d'attribution des permis et les exigences à remplir, la question de la qualité de l'air et les questions liées à l'eau.
Cette structure a été présidée par Lois Finkelman, un ancien membre du Conseil municipal durant plusieurs mandats et ancienne présidente du comité de l'environnement de la ville. Diplomée en sciences de environnement, elle a aussi siégé à la Ligue nationale de l'énergie des villes et au comité de l'environnement et des ressources naturelles.
Un mémorandum et 23 conditions
Toutes les parties étaient représentées dans cette Task Force qui regroupait entre autres trois représentants de l'industrie, trois experts en environnement et trois citoyens militants de l'environnement.
Dans la discussion que nous avons eue avec elle, Lois Finkelman a tenu à préciser que les membres de la Task Force n'avaient aucun préjugé vis-à-vis de la fracturation hydraulique, mais ils ont tenu à écouter tout le monde pour produire des recommandations objectives.
Elle énumère tous les points abordés par leurs interlocuteurs, le problème de l'eau, le sable, les produits chimiques, les fissures qui peuvent apparaître dans le sous-sol, la délimitation des zones, notamment celles qui sont habitées et où ont lieu des forages.«On a commencé à travailler au mois de juillet 2011 et on a terminé en février», a-t-elle indiqué.
«On a rencontré beaucoup de gens, des sociétés, des représentants de citoyens... Notre objectif était de faire des recommandations au Conseil municipal à propos de la délimitation de la distance du forage vis-à-vis des zones habitées ou des zones commerciales, le problème de l'eau, de l'environnement, le sable, le trafic des camions», confie-t-elle. Il ressort de ce travail plusieurs propositions contenues dans la mémorandum.
Déjà l'idée de faire les forages en dehors de la ville a émergé à cause des affaissements que provoque la fracturation hydraulique.
L'eau pose un grand problème surtout que la ville de Dallas a déjà vécu une sécheresse.
Selon Lois Finkelman, la Task Force a demandé à ce que tout forage se fasse loin de 1000 pieds de tout endroit de vie.
Une autre proposition a consisté à demander à ce que tout candidat à un forage doive remplir 23 conditions avant de recevoir son permis.
Cela va du plan de la gestion du site jusqu'au plan de communication avec le public en passant par le plan de la gestion de l'eau ainsi que de celui de la gestion des matières dangereuses. Pour l'instant, aucune décision n'a été prise, et le conseil doit écouter toutes les parties. Dans cette affaire, qui a soulevé beaucoup de passions, le rapport de force serait équilibré, et il ne vient à l'esprit de personne d'interdire cette activité, surtout aux Etats-Unis où la liberté d'entreprendre est sacrée, et surtout que les avocats jouent un grand rôle dans la confection des règlements. Et tant qu'un grave problème n'est pas apparu, personne ne peut arrêter cette activité.
La tendance générale est qu'il faut la réglementer et protéger l'environnement et la santé des citoyens. Le travail de la Task Force a été très suivi par l'opinion et les médias, selon Lois Finkelman, même si des pressions ont été exercées par les industriels.
Il restera à connaître le traitement qui sera fait aux recommandations par le Conseil municipal, et là, les délibérations peuvent tarder encore. Deux mois, douze peut-être...
Mais ce qui est sûr, c'est que la société civile ne lâche pas prise malgré les enjeux stratégiques.
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