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Protocole sanitaire dans les établissements scolaires: Un syndicat exprime ses inquiétudes



Deux semaines après la rentrée scolaire, la mise en application du protocole sanitaire et pédagogique dans les établissements scolaires, instauré dans un contexte de propagation de l'épidémie de Covid-19, continue à susciter l'inquiétude chez les syndicats de l'éducation, les enseignants et les parents d'élèves.Dans un communiqué rendu public, le CELA (Conseil d'enseignants des lycées d'Algérie) s'est dit «choqué» devant la réalité qu'impose le terrain notamment par rapport à «l'indifférence affichée par certaines directions de l'éducation dans des wilayas». Et d'affirmer que ces dernières se comportent «comme si la situation actuelle était normale et ne suscitait pas d'inquiétude et n'invitait pas au sens des responsabilités, sans se soucier des répercussions graves et négatives qui peuvent en découler».
Le syndicat a affirmé que son organisation était pour le retour des enfants à l'école et «nous avons enregistré avec satisfaction la reprise après une pause de plusieurs mois». Et d'jouter : «C'est notre conviction de l'importance de la scolarisation pour nos enfants et d'un sens des responsabilités malgré la situation difficile, en remerciant tous les professeurs et les autres travailleurs du secteur pour leur accueil des élèves et le défi qu'ils ont relevé face à la situation difficile». Mais «après environ deux semaines de notre rentrée, nous sommes toujours sous le choc».
Sur le plan sanitaire, le CELA relève «l'absence quasi totale dans la plupart des établissements des moyens liés aux mesures d'hygiène et de désinfection, mentionnés dans le protocole de santé (masques de protection, gel hydroalcoolique, thermomètre, matériel de nettoyage, moyens de désinfection)». Et d'affirmer que «le protocole reste juste de l'encre sur du papier». Le CELA a également évoqué le comportement des uns et des autres : «Les rassemblements devant les portes des établissements, l'absence de règles minimales de distanciation notamment entre les élèves, l'absence du rôle des parents d'élèves et des tuteurs, la dissimulation des cas d'infection au sein des familles et l'impact de cela sur la transmission et la propagation de l'épidémie au sein de l'établissement».
Et à cela s'ajoute, souligne-t-on, l'apparition des cas d'infection dans de nombreux établissements d'enseignement et la dissimulation d'autres, ce qui est alarmant, selon le CELA. En déplorant l'absence de suivi et l'indifférence quant à l'état de santé des enseignants qui sont plus vulnérables aux infections que les autres. Le CELA met en garde contre les répercussions de cette situation. «Nous ne nous portons pas responsables sur les conséquences de cette indifférence, la responsabilité incombera essentiellement aux autorités et à notre tutelle. Si la situation ne changera pas et continuera comme elle est, la fermeture des écoles s'imposera d'elle-même mais avec un prix à payer !».
Le plan pédagogique à l'index
En ce qui concerne le volet éducatif et pédagogique, le CELA a estimé que «cette situation exceptionnelle a été utilisée pour justifier la mauvaise gestion et la défaillance administrative apparue dans plusieurs wilayas du pays». Et de préciser: «Tenter de trouver des solutions de bricolage en réduisant la durée du cours à 45 minutes au détriment de l'enseignant sans tenir compte des difficultés auxquelles il est confronté». Le syndicat souligne que le nombre de séances pour certains enseignants atteint les 32, ce qui a suscité le mécontentement parmi les professeurs dans certaines wilayas.
Le CELA dénonce «la politique du bricolage» préconisant des solutions durables à travers la création de nouveaux postes d'enseignants et évoque également les difficultés pour les déplacements des enseignants et l'impossibilité de leur assurer un logement dans ces circonstances difficiles. Le syndicat montre du doigt le manque de coordination sur le plan pédagogique et le manque de flexibilité de certains directeurs de l'éducation, censés faciliter les échanges et résoudre les problèmes.
Le Conseil des lycées d'Algérie exige des solutions urgentes et flexibles qui permettent aux enseignants et au personnel éducatif d'exercer dans de meilleures conditions en cette conjoncture de crise sanitaire aiguë.
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