Les non-voyants réclament 17 milliards de salaires impayés
Hier, les travailleurs de l’entreprise publique d’insertion des handicapés, EPIH unité d’Oran, ont perçu trois mois de leurs salaires qu’ils devaient, les paies de juin, juillet et août de cette année.
Cela ne règle pourtant pas leur problème car, à l’instar de l’ensemble des travailleurs de cette entreprise à l’échelle nationale, ils n’ont pas perçu, des années durant, leurs salaires. Ce qui leur fait un passif énorme qu’ils espèrent toujours encaisser. On apprendra auprès de Benarab Abdallah, le secrétaire général du syndicat de cette entreprise, que cette dernière doit aux 1300 travailleurs exerçant dans ses 27 unités, près de 17 milliards de centimes. Notre interlocuteur expliquera que c’est depuis 1996 que le problème des salaires impayés a surgi à l’EPIH et qu’il a duré jusqu’en 2001.Pour les travailleurs de l’unité d’Oran, on enregistre un non-paiement des salaires d’octobre 1999 à juillet 2001. Le directeur de cette unité expliquera que le problème de l’entreprise a commencé à la suite de l’ouverture du marché. «Les produits d’importation, précisera-t-il, sont à l’origine du malaise financier que nous endurons. Notre grand souci est l’écoulement de nos produits fort compétitifs mais dont le coût de revient est plus élevé que celui de l’importation.» Le directeur dira avoir lancé une campagne de sensibilisation des institutions étatiques pour se doter en produits Enabros, mais que cela a été vain. En fait, cela reste, selon eux, la seule solution pour que les non-voyants, à 95% des pères de famille, puissent encaisser régulièrement leurs salaires. Le directeur soulignera par la suite que «les salaires qui sont actuellement versés aux travailleurs non-voyants représentent une subvention de l’Etat. Une subvention qui ne peut assurer que 6 mois de salaires pour chaque année due.» Pour percevoir les six mois restants, les non-voyants ont décidé d’observer des sit-in et des rassemblements et d’interpeller les plus hautes instances du gouvernement. Ainsi, selon Benarab Abdallah, un mouvement de protestation des non-voyants travailleurs de l’EPIH est prévu pour les 16, 17 et 18 septembre. Le 16, un sit-in se tiendra aux portes du siège de l’UGTA, à Alger; le 17, un autre aura lieu aux portes du Palais du gouvernement. La protestation se poursuivra le 18 et pourra se prolonger au cas où le problème n’est pas sérieusement pris en charge par le gouvernement. Le S.G. affirmera également que les non-voyants ne se contenteront plus de promesses qui n’aboutissent pas. Et de donner comme exemple celle faite par le ministre de la Solidarité et de l’Action sociale, en mars dernier, à l’occasion de la commémoration de l’anniversaire de la création de l’organisation nationale des non-voyants. Le ministre avait, en effet, promis que le problème des salaires impayés aux non-voyants travaillant à l’EPIH sera résolu à la fin du mois d’avril. A ce jour, le problème n’a pas été réglé et le ministre ne s’est plus manifesté.
En fait, les non-voyants n’ont pas besoin de promesses occasionnelles trompe- l’œil; ils ont besoin de voir leur problème concrètement et définitivement réglé. Pour ce, ils interpellent le président de la République pour que le dossier de l’EPIH soit soumis à l’APN afin qu’une loi de protection des non-voyants soit adoptée. Ils souligneront enfin que les non-voyants ne «verront» leur problème résolu que si des ateliers protégés sont créés pour eux.
Hafida B.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com