
Le cas de Y. Belaïli est symptomatique de la déshérence du football algérien et surtout de l'absence ou l'échec de ce qui devrait assurer ses fondements. Il est vrai qu'il est également trop facile de pointer du doigt les errements du joueur et l'ignorance feinte ou délibérée des staffs (administratif et technique) du club sur ce qui, de l'intérieur, minait le footballeur en question.Mais après Belaïli, il y a eu un, deux, trois et désormais plusieurs cas de dopage et à ce moment toutes les interrogations deviennent légitimes. «Comment peut-on ne pas éluder le dopage ou toute tentative conséquente depuis que le cas du joueur usmiste a été mis sur la place publique '» La réponse coule de source, ou bien c'est de l'incompétence généralisée ou c'est de la complicité avérée du staff médical.L'une et l'autre réponse peuvent forcément aller de pair car il est désormais admis qu'effectivement des équipes médicales du club peu soucieuses de la santé du footballeur d'abord et d'éthique et de déontologie par la suite lui administrent assez souvent un remède de cheval, celui-là même en mesure de remettre sur pied un macchabée.Mais s'il existe un staff médical plus proche des pratiques de Frankenstein, nombreux sont les clubs qui sont victimes à l'image du cas de Y. Belaïli, une situation qui n'aurait pas échappé à l'ensemble de la direction du club sauf qu'aucune partie n'a réagi tant que tout allait pour le mieux avant que l'on ait fait le choix d'avoir un psychologue. Celui-ci est, comme son statut l'indique, censé anticiper sur toute manifestation de mal de vivre du salarié du club. Mais il n'y a pas que le mal de vivre, il y a l'autre facette celle qui veut qu'un footballeur soit bien dans sa peau si ce n'est trop bien dans sa peau dans le maléfique match contre le Mouloudia d'El-Eulma.Sur ce sujet précis de la présence d'un psychologue, un ancien grand club de l'est du pays en disposait jusqu'à une date récente. Des échos que nous avons recueillis auprès de quelques joueurs, la capacité de nuisance du psychologue en question était phénoménale. «Il s'asseyait allègrement sur l'éthique et n'hésitait pas à nous monter les uns contre les autres dès qu'un conflit social avec la direction du club prenait naissance. Rarement, si ce n'est jamais, nous ne l'avons trouvé et bénéficié de ses compétences aux moments où nous en avions le plus besoin. C'était un salarié du club et il faisait tout pour protéger surtout le président du club», dira un joueur.Par ailleurs, les formations qui disposent d'infrastructures patrimoniales importantes, et ils s'en trouvent, en plus de l'hébergement des footballeurs, assurent la restauration et peuvent par voie de conséquence connaître, et pour cause, la nature de ce qu'ils consomment (quoi qu'aucun club ne dispose en réalité d'un nutritionniste) en plus évidemment de savoir où ils se trouvent en dehors des périodes des regroupements.Néanmoins, la vigilance n'est pas de mise et tout aussi là, la complaisance des dirigeants du club est incontestable et d'aucuns parmi ces dirigeants ferment les yeux sur certains écarts alors que d'autres (dirigeants) n'hésitent pas par ailleurs à investir sur une vie dissolue des joueurs qui leur permettrait d'avoir des arguments percutants au cas où les résultats ne seraient pas au rendez-vous, conflit social...En conclusion, cette organisation qui, ailleurs, est aujourd'hui à l'image d'un management d'entreprise est trop intelligente pour être adoptée par des clubs dont le souci immédiat des staffs dirigeants est d'abord de justifier un statut qui leur permet d'obtenir des subventions publiques conséquentes, d'être à la tête d'un club qui peut contribuer à leur ambition immédiate ou à venir. Le reste n'est que de la littérature.Il faudrait enfin rappeler que les pouvoirs publics n'ont jamais répondu à l'attente des clubs malgré l'engagement des hautes instances sportives du pays de les doter d'espaces à même d'accueillir la réalisation d'installations sportives répondant à leur statut et encore moins à instruire de manière effective les organismes financiers chargés d'un éventuel montage financier pour ce faire.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com