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Procès de l'assassinat d'Ahmed Kerroumi à Oran



Procès de l'assassinat d'Ahmed Kerroumi à Oran
Après deux heures de délibérations, le tribunal criminel d'Oran a rendu son verdict en début de soirée : 20 ans de prison ferme à l'encontre de B. M. A., âgé de 30 ans, pour homicide volontaire avec préméditation sur la personne d'Ahmed Kerroumi découvert sans vie, le 24 avril 2011, au siège du Mouvement démocratique et social (MDS) dans le quartier Plateau à Oran.Le procès de Kerroumi a été marqué par les plaidoiries de la défense et du réquisitoire de l'avocat général. Celui-ci avait requis, à l'issue de la lecture de son réquisitoire, la perpétuité à l'encontre du meurtrier. "Nous n'avons reçu aucune injonction venue d'ailleurs ou de la part de la police car nous n'avons rien à cacher, si ce n'est que nous observons strictement les faits contenus dans le dossier de cette affaire", a-t-il affirmé. Le représentant du ministère public s'adressait ainsi aux avocats de la partie civile qui s'est interrogée sur les circonstances de la mort du défunt universitaire. "Est-ce qu'Ahmed Kerroumi a été assassiné à la suite d'un crime passionnel ou pour des considérations politiques '", a plaidé Me Salah Sahnoune. "Il ne fait aucun doute que les investigations menées par la police n'ont pas été à la dimension de cette affaire, malgré la profusion de 97 témoins et de leurs déclarations ténues", a-t-il martelé.Pour lui, comme pour ses deux confrères, cette affaire repose uniquement sur un faisceau de suppositions. "Ramenez-nous d'autres preuves tangibles et irréfragables pour nous convaincre que le crime est réellement passionnel", a-t-il lancé au président du tribunal. Il soulignera, lors de son intervention, la présence de "zones d'ombre entourant le dossier".Pour la partie civile, il aurait été judicieux de "mettre à notre disposition le vrai listing des appels téléphoniques". Les avocats de la partie civile sont longuement revenus sur les conditions de l'enterrement du défunt. "Ahmed Kerroumi a été enterré le 25 avril 2011 à 17h et sa tombe a été érigée le lendemain", s'interroge-t-on. Ils reviennent à la charge pour déclarer à la cour qu'"il y a autre chose (et) nous voulons la vérité". La partie civile a axé son intervention sur le volet politique du dossier, rappelant le contexte politique qui prévalait à cette date. "Le regretté universitaire était connu pour ses prises de position politique, son militantisme au sein du MDS et son appartenance à la Coordination nationale pour le changement politique (CNCD) dont il était un membre actif (...). Et c'est la mort politique d'un simple militant et sa mémoire qui doivent être défendues au lieu du dossier de m?urs hâtivement concocté", a admis la partie civile. Auparavant appelé à la barre, B. M. A. a fait une déposition pour le moins attendue. Pressé par le président d'audience, il avoue : "Oui, je reconnais avoir entretenu des relations sexuelles avec la victime à quatre reprises, trois fois au siège du MDS et une autre fois chez lui, mais je ne l'ai pas tué."Il avouera également avoir eu des relations sexuelles passives et actives avec le défunt. Mais la question centrale a principalement tourné autour des blessures à la main et au menton du présumé coupable.S'était-il blessé au siège du MDS ou était-il tombé de sa motocyclette le soir du 24 avril 2011 et s'est blessé comme le soutient B. M. A. ' Interrogé tour à tour par la partie civile et la défense, le médecin légiste a affirmé que le défunt avait reçu un coup sur le vertex (haut du crâne), précisant qu'une telle blessure ne pouvait être le fait d'une chute.C'est le même médecin légiste qui a soutenu que la tête de la victime se trouvait à l'intérieur de la cuvette des toilettes le 24 avril 2011.K. R-INomAdresse email


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