Les prix du pétrole repartaient à la hausse en Asie, après des déclarations d'un responsable américain tempérant quelque peu l'hypothèse d'un recours des Etats-Unis aux réserves stratégiques de pétrole, ont indiqué les analystes. Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mai prenait 66 cents à 103,44 USD dans les échanges électroniques du matin. Le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'adjugeait 47 cents à 122,86 USD. "En dépit de toutes les rumeurs sur le marché, il n'y a toujours rien de concret à propos du recours aux réserves stratégiques de pétrole et je crois que le marché réagit à cela", a déclaré Justin Harper, analyste chez IG Markets à Singapour. La veille, la Maison Blanche a indiqué qu'aucune décision n'avait été prise concernant cette mesure, envisagée pour enrayer la hausse des cours du brut. "Aucune décision n'a été prise et aucune mesure spécifique n'a été proposée. Nous sommes évidemment en consultations, avec nos partenaires dans le monde entier, ainsi qu'avec les Etats producteurs, mais encore une fois, aucune décision n'a été prise", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. Plus tôt, le ministre français de l'Economie François Baroin avait affirmé que son pays tablait "raisonnablement" sur un feu vert de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour puiser dans ses réserves. Les prix continuebnt d'autre part d'être soutenus par les tensions au Moyen-Orient. "Les inquiétudes continuent sur l'Iran et des perturbations au Moyen-Orient", a indiqué l'analyste de IG Markets. Les fondamentaux du marché sont soumis à de fortes tensions exacerbées depuis le début de l'année par l'embargo décidé par l'Union européenne sur les exportations iraniennes de brut, qui prendra pleinement effet à partir de juillet. Apparaissent également de nouvelles tensions liées au pétrole en Irak, entre la région autonome du Kurdistan irakien et le gouvernement central.
Petite hausse en Europe
Les cours du pétrole restaient en petite hausse en fin d'échanges européens, aidés par un léger repli du dollar, après avoir nettement reculé cette semaine sous le poids de spéculations sur un recours des pays occidentaux à leurs réserves stratégiques afin d'affaiblir les prix. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'échangeait à 123,24 dollars, en hausse de 85 cents par rapport à la clôture de la veille. Le repli du billet vert rend plus attractifs les achats de matières premières libellées en dollar, comme l'or noir, pour les investisseurs munis d'autres devises. Jusqu'à la fin de la semaine, les cours du brut ont été mis sous pression "par des spéculations sur un recours aux réserves stratégiques (de pétrole, ndlr), qui semble désormais être une réelle option", afin de lutter contre des prix du baril élevés, commentaient les analystes de Commerzbank. En effet, "outre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et la France, il semblerait que le Japon et la Corée du sud envisage une telle action", observait Commerzbank. Mais les cours tentaient de rebondir, avant-hier, alors que les Etats-Unis ont indiqué la veille qu'aucune décision n'avait été prise concernant un recours aux réserves stratégiques. "Aucune décision n'a été prise et aucune mesure spécifique n'a été proposée. Nous sommes évidemment en consultation avec nos partenaires dans le monde entier, ainsi qu'avec les Etats producteurs, mais encore une fois, aucune décision n'a été prise", a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney. Plus tôt, le ministre français de l'Economie François Baroin avait affirmé que son pays tablait "raisonnablement" sur un feu vert de l'AIE pour puiser dans ses réserves. Selon des analystes, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en déplacement en Arabie saoudite, devrait aborder la question des exportations du pays en cas de recours à ces stocks. "Un point important est d'établir si l'Arabie saoudite (le premier exportateur mondiale d'or noir) a l'intention de maintenir ses niveaux de production si les réserves sont débloquées ou si elle les réduirait d'autant", expliquait-on chez Commerzbank, "ce qui serait contre-productif". De plus, l'Arabie saoudite, vu comme le producteur de dernier recours en cas de risque de pénurie, considère que, malgré les tensions géopolitiques, "le marché reste équilibré", selon le ministre saoudien du pétrole, Ali al-Naimi. D'ailleurs, "si les perspectives économiques restent incertaines et ternes dans les pays développés, la demande reste robuste dans les pays dits en développement", notait David Morrison, analyse chez GFT Markets. Les tensions géopolitiques restaient cependant source d'inquiétudes alors qu'un embargo progressif sur le pétrole iranien, décrété en janvier par l'Union européenne (EU), doit prendre totalement effet en juillet. Cet embargo fait partie des sanctions affligées à l'Iran, que les pays occidentaux soupçonnent de développer illégalement un programme nucléaire à portée militaire.
Le pétrole finit en hausse à New York
Les cours du pétrole ont fini en hausse à New York, se stabilisant après la chute de la veille, dans un marché soutenu par les nouvelles sanctions américaines contre l'Iran. Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mai a grignoté 24 cents par rapport à la clôture de la veille, finissant à 103,02 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Le marché avait besoin d'observer une pause après le recul des derniers jours et faire le point sur la situation, a expliqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates. On se stabilise plus qu'on ne rebondit, a abondé Bart Melek, stratège de TD Securities, précisant que le repli de la veille était jusqu'à présent le plus fort de l'année. Le marché a reçu du soutien avec la décision de Barack Obama d'imposer des nouvelles sanctions à l'Iran qui vont encore baisser les exportations iraniennes de pétrole, a indiqué M. Lipow. Le président des Etats-Unis, voulant augmenter la pression contre le programme nucléaire iranien, a déclaré, avant-hier, que le marché pétrolier mondial pouvait supporter l'application fin juin de sanctions visant les exportations de brut de la république islamique. Etant donné la situation économique actuelle, l'augmentation de la production par certains pays, le niveau des capacités de production disponibles et l'existence de réserves stratégiques, entre autres facteurs, j'ai déterminé que la production de pétrole et de produits pétroliers d'autres pays que l'Iran permettait une réduction significative de l'achat de pétrole et de produits pétroliers à l'Iran par ou via des institutions financières étrangères, a écrit M. Obama dans un mémorandum diffusé par la présidence américaine. Ce texte prévoit en particulier de sanctionner les institutions financières étrangères ayant des rapports avec la Banque centrale iranienne, qui gère généralement le commerce du pétrole de la république islamique, l'idée étant de tarir les ressources d'un pays très dépendant de la rente pétrolière. En outre, les opérateurs ont suivi avec satisfaction la réunion de l'Eurogroupe à Copenhague durant laquelle une meilleure prévision pour la crise de la dette a été présentée, a dit Erick Bickel, de Summit Energy (groupe Schneider Electric). Quoi qu'il en soit, même si les perspectives économiques restent incertaines et ternes dans les pays développés, la demande demeure robuste dans les pays dits en développement, a observé David Morrison, analyse de GFT Markets.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida B
Source : www.lemaghrebdz.com