Important déficit en manuels scolaires dans le cycle primaire
Le déficit en manuels dans les établissements scolaires est une réalité patente que les statistiques triomphalistes de Benbouzid et ses 53 millions d’exemplaires mis à la disposition des élèves ne sauraient, en aucun cas, occulter.
Devant une faillite aussi évidente, la cause ne saurait être imputée aux chefs d’établissements ni aux intendants que l’on accuse, à demi-mots, de ne pas jouer franc-jeu et de détourner les manuels à leur profit pour en faire l’usage qui les arrange le mieux. Ainsi, et de l’aveu même de nombreux directeurs d’écoles, enseignants et élèves, l’engagement pris par le ministre de faire parvenir à temps le livre aux élèves n’a pas été respecté puisque, à ce jour, de nombreux établissements, notamment du cycle primaire, ne sont approvisionnés qu’à hauteur de 46-47, 55-56% et dans le meilleur des cas, 60%. A Oran, assurent des directeurs de certaines écoles primaires, les besoins de la 3è année en manuels scolaires n’ont été, dans le meilleur des cas, satisfaits qu’à hauteur de 60%. Concernant les classes de 5e et 6e années, la situation est plus préoccupante puisque les manuels effectivement reçus ne satisfont qu’un peu plus de 50% de la demande. Devant cet état de fait, de nombreux élèves ont dû recourir au marché parallèle de M’dina Jdida, notamment, où ces outils pédagogiques se vendent à des prix exorbitants. Interrogés à propos de ces dysfonctionnements, des chefs d’établissements ont assuré, preuves à l’appui, que la dotation livrée par le Centre régional de distribution des documents pédagogiques (CRDDP) de Haï Badr est bien en deçà des besoins exprimés.
Revenant sur les accusations portées contre des chefs d’établissements, des directeurs, indignés par les propos gratuits de leur hiérarchie, estiment que si le ministère est tellement sûr de ce qu’il avance, il lui appartient d’en apporter la preuve et de châtier ceux qui s’adonnent à cette vile pratique. L’un d’eux, écœuré, consent: «s’il existe vraiment des brebis galeuses qui détournent les manuels scolaires pour des buts inavouables, le ministère et la justice doivent leur faire application de la loi au lieu de salir l’une des rares corporations qui font encore honneur au pays. Que Benbouzid assume ses responsabilités et cesse de rejeter sur autrui la responsabilité de sa propre faillite». La responsabilité dans ce genre de pratiques étant individuelle, il revient donc aux pouvoirs publics d’en identifier les auteurs et de les sanctionner, estime le président d’une association de parents d’élèves de la circonscription scolaire d’El-Hamri. Aussi, et afin d’éclairer la lanterne des lecteurs et surtout des parents d’élèves, il est utile d’expliquer le processus de l’opération de distribution des manuels scolaires.
A l’approche de la fin de l’année scolaire, les directeurs d’écoles sont tenus de faire connaître leurs prévisions pour l’année suivante, en ce qui concerne les effectifs. Dans la corporation, cette opération porte un nom; l’OPP ou organisation pédagogique prévisionnelle. Sur la base des données collectées, les responsables dressent la carte scolaire. Ces chiffres sont également communiqués au CRDDP, chargé de la distribution des manuels aux écoles. Grâce à ce travail prévisionnel, on essaie de cerner, totalement ou à hauteur des 99%, les effectifs de chaque établissement scolaire. Les services du CRDDP sont ensuite chargés de satisfaire les besoins en manuels scolaires des différentes écoles de la wilaya. Pour cette année, expliquent certains chefs d’établissements du primaire, «si les 5ème et 6ème années fondamentales n’ont reçu, respectivement que 46 et 54-55% des besoins exprimés, c’est surtout en raison du fait que les manuels concernant ces deux niveaux sont appelés à être remplacés, surtout ceux de la 5ème année. En ce qui concerne la 6ème année, elle n’existera plus en 2008-2009". Concernant la 3ème année primaire, classe pour laquelle les livres doivent être normalement disponibles, cette rentrée scolaire, les besoins n’ont été satisfaits qu’à hauteur de 60-64% dans de nombreux établissements. La situation étant ce qu’elle est, des enseignants et parents d’élèves invitent Benbouzid à faire un tour à la Ville nouvelle et des visites inopinées dans les classes pour se rendre compte de son erreur pour ne pas dire sa totale faillite.
M. Nemili
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com