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Prendre un café et retrouver la mémoire d'El Bahia Oran



Prendre un café et retrouver la mémoire d'El Bahia Oran
Les vieux cafés d'Oran ont une relation ombilicale avec la mémoire collective, a estimé le chercheur Sadek Benkada, soulignant le risque de voir ces espaces « témoins de l'Histoire », disparaître à jamais. Les cafés de haï M'dina J'dida d'Oran, lieux de mémoire collective, témoins d'une histoire contemporaine riche, tendent à disparaître, puisque certains sont fermés ou ont été reconvertis à d'autres activités commerciales, a-t-il fait remarquer. Ce constat amer a conduit ce spécialiste en histoire de la ville d'Oran, à encadrer, samedi dernier, une vingtaine de jeunes dans une visite guidée aux vieux cafés de M'dina J'dida, autrefois pôles culturels et militants de la cause nationale. La mémoire de cette époque où les cafés de ce quartier populaire étaient des points de rencontre d'hommes d'art et de politique « s'évanouit à chaque fois que l'un d'eux baisse rideau ou se transforme en un vulgaire dépôt de denrées », a-t-il souligné. Construit en 1845 par le général Louis Lamoricière, pour isoler « les indigènes », et devenu le c'ur palpitant de la ville d'Oran, haï M'dina J'dida a joué un rôle important durant la guerre de libération nationale. Le changement de la vocation de ce quartier, devenu un pôle commercial, a transformé le visage des vieux cafés reconvertis à des activités plus lucratives. Ainsi, les cafés de Bendouma, de Douaïdi, de l'USMO, de « Ould M'sili » et d'autres encore, sont devenus des magasins de chaussures, de prêt à porter, de produits cosmétiques et autres. Sur une vingtaine de ces cafés, seuls deux à trois résistent encore, comme c'est le cas de l'ancien café « Chellel », autrefois fréquenté par le héros de la révolution de Novembre 1954, premier chahid de la guillotine Ahmed Zabana, et par le grand artiste, le regretté Ahmed Wahbi. Le gérant de ce café, M. Hocine Mechboub, qui n'a pu préserver son espace qu'à moitié, puisqu'il l'a transformé en café-restaurant, a avoué qu'il n'est pas évident de faire le choix de garder le café, alors qu'il gagnerait beaucoup plus à louer le local à une tierce personne. Cette visite guidée, qui a conduit une vingtaine d'amoureux de la ville d'Oran à d'autres lieux de mémoire, a été organisée par l'association « Les nomades algériens » dans le cadre de la célébration du mois du Patrimoine sous le thème « Prenons plus qu'un café ».
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