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Prendre des vacances, un véritable casse-tête



Prendre des vacances, un véritable casse-tête
Congé ou vacances, à chacun le tournant qu'il fait prendre à son absence d'un mois du bureau. L'essentiel étant d'éviter le lever du matin et une journée de travail qui finit dans la moiteur de ces journées estivales. Ceux, qui ont choisi cette trêve annuelle pour accomplir des travaux dans l'appartement dans le besoin d'être revu et corrigé, commencent déjà le premier jour du congé. Histoire de glaner quelques heures de repos même si souvent on sait d'avance que les aménagements apportés iront au-delà du mois. Mais on se donne l'illusion de finir à temps, car, au fond, on sait que le maçon, le peintre et le plombier se donneront le mot pour être aux abonnés absents au moins deux jours chacun, faites vos comptes. D'autres n'attendaient que la fin du Ramadhan pour courir les magasins à la recherche des articles nécessaires à la cérémonie de mariage dont la date avance à grands pas. Ceux, qui n'ont rien programmé de tout cela, iront un jour sur deux, voire trois à la plage, l'unique loisir des Algériens en mal de site de vacances à bon marché. Pourtant, il n'y a pas que les 1.200 kilomètres de côte qui font l'atout paysagiste de l'Algérie. Le tourisme vert, les randonnées pédestres, les vacances en montagne sont à même d'être exploités à bon escient si seulement l'infrastructure suivait. En France où l'été est synonyme de flux touristique, le meilleur au monde pratiquement où toutes les nationalités convergent, les autochtones préfèrent céder Paris aux cliquetis des Japonais, des Anglais ou des Américains pour se réfugier dans un beau et bon petit village du fin fond du pays. Là où des pensions, des maisons de campagne, des fermes sont aménagés en petits hôtels avec juste quelques chambres et une cuisine du terroir, accompagnés de visites sur sites. Chez nous, ce n'est pas ce qui manque dans l'arrière pays. D'ailleurs, dans le Sud, il était un temps où les touristes étrangers séjournaient dans les ksour accueillis par les habitants avec bonheur contre rien. Telle que l'hospitalité l'exige. Et il a fallu alors mettre un frein à cette situation d'autant que l'infrastructure hôtelière sur place chômait, quand on n'aménageait pas carrément à son seuil, une caravane. Taghit, dans Bechar, en a connu des épisodes similaires, notamment dans les années 1980. Comme quoi depuis, les prestations en milieu hôtelier n'ont pas bougé !Enseignes séductrices et mauvaises surprisesEt même si aujourd'hui, à coup de réclame à la télé, des infrastructures naissent ici et là, alléchantes et séduisantes, un peu partout sur le littoral algérien, de Jijel à Aïn Témouchent en passant par Bejaïa et Oran. Des enseignes de rêve sont exhibées le long de la corniche oranaise ou bejaouie, qui attirent très vite pour éloigner aussi vite. Des chambres au minimum vital, que le locataire doit partager avec cafards, mouches et moustiques, hors de prix, des prestations hors normes, des sanitaires et un service en dessous de la moyenne, un personnel non qualifié et dépassé par le rush des estivants qui convergent tous à la même période, le Ramadhan étant passé par-là, une restauration médiocre avec le même menu et chèrement payé, une animation à décibels déployés avec des DJ ou des chanteurs locaux qui choisissent le raï, le mauvais tout en robotique pour l'ambiance, aucun programme de loisirs comme cela se faisait dans le temps à l'intérieur des complexes touristiques affublés toujours de guides professionnels... et la liste est encore longue. Devant cette fatalité incontournable et après moult hésitations, le vacancier ferme les yeux et toutes ses exigences finissent par s'évaporer quand la bleue le prend à bras le corps du matin au soir. Le seul vrai plaisir ressenti dans ce tumulte estival. Une compensation lorsque le consommateur n'est pas trop regardant, sinon, on plie bagage dare-dare ! C'est ce qui est arrivé l'été dernier à ce couple de cadres de la Sécurité sociale qui, par la voie de leur société, ont bénéficié contre un paiement à moitié avec les œuvres sociales d'un bungalow à Mostaganem. N'était la distance de la capitale, cette famille serait revenue la nuit même. Une autre venue de Sétif, elle, n'a pas hésité, à peine la porte du cabanon ouvert, et le spectacle de mauvais goût affiché devant elle, qu'elle s'en est retournée sans oublier d'immortaliser l'endroit pur réclamer et dénoncer à la direction le laisser-aller flagrant dans lequel le site de vacances complètement abandonné se trouvait. Les plus chanceux mais aussi les plus avertis ont passé commande pour une location à un particulier qui cède sa maison contre un pécule marchandé à l'avance. Ce sont des villas en bord de mer qui rapportent à leur propriétaire de quoi assurer une bonne rentrée d'argent, à raison de séjours de 10 à 15 jours, voire parfois un mois entier. Cette vieille femme de France a pris l'habitude de louer même le mois de Ramadhan et alors qu'elle n'est pas présente sur place rien que pour s'assurer que la maison ne va pas s'envoler et dans laquelle elle passera un mois entier avec ses enfants et ses petits-enfants. Des précautions coûteuses qui ne sont pas à la portée du commun des Algériens en mal d'endroit pour souffler du travail de 11 mois durant. Mais il y en a quand même qui économisent ou qui laissent une paie de côté pour se permettre un séjour de rêve chez les voisins, tunisiens et marocains ou encore en Espagne, à la mode depuis trois ou quatre étés, qui carrément ne sont pas regardant à cette dépense prévue pour profiter de cette fois qui n'est pas coutume.


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