Les syndicats des praticiens de la santé, en grève depuis plusieurs
semaines, refusent toute rencontre informelle.
Ils disent qu'ils ne prendront
part qu'aux réunions dans le cadre des commissions de conciliation prévues par
la loi.
Dans une conférence de presse
animée, hier, par les présidents du syndicat des praticiens de la santé
publique (SNPSP), Lyès Merabet et celui des praticiens spécialistes de la santé
publique (SNPSSP) Mohamed Yousfi, il a été clairement réitéré qu'il ne sera pas
répondu à l'appel lancé par le ministère de la Santé, il y a trois jours, les
invitant à reprendre le dialogue. Et pour cause, expliquent les syndicats, «le
ministère de la Santé n'a jamais tenu ses promesses. Négociations pour le
ministère signifie simplement gagner du temps», ont affirmé les conférenciers.
Le SNPSP et le SNPSSP relèvent «le mutisme de leur tutelle au moment où des
milliers de praticiens manifestent leur ras-le-bol». «A Constantine, Oran,
Ouargla, Annaba et Alger, les grévistes sont sortis nombreux, mais cela n'a pas
fait réagir la tutelle qui continue à tromper l'opinion en disant que les
portes du dialogue sont ouvertes», ont soutenu les syndicalistes. Ces derniers
soulignent que «le dialogue ne veut pas dire se rencontrer autour d'une table,
font un tour et puis s'en vont. Nous refusons ce genre de rencontres», ont-ils
encore affirmé Mérabet et Yousfi.
Les syndicalistes ont, par ailleurs, regretté l'absence de réaction des
élus du peuple (Sénat et APN), alors que leur grève n'est pas prête de
s'arrêter de sitôt. Yousfi saisira l'occasion pour dire que la Santé est
l'affaire de tous et encore plus des élus du peuple, soulignant la même qui
pèse sur la santé publique. «Le pourrissement de la situation, en laissant les
choses en l'état, ne va certainement pas, dans le sens de l'intérêt de la santé
publique et de la gratuité des soins. En méprisant les praticiens de la santé,
c'est le citoyen qui est visé», a-t-il soutenu.
Les praticiens et praticiens
spécialistes confirment, par ailleurs, qu'ils assurent le service minimum.
Abondant dans le même sens, Lyes Mérabet du SNPSP soutiendra que le mouvement
de grève initié par les deux syndicats vise simplement à nous donner le droit à
une vie «décente, pas de faire de nous des riches». Et d'ajouter que la réforme
du système de la santé, dont les praticiens et spécialistes constituent l'ossature,
doit être celle que mérite la santé.
«Il est grave qu'une femme
enceinte décède parce que la structure où elle se trouve ne dispose pas de
moyens », a encore soutenu l'intervenant. En débrayage depuis 8 semaines, les
grévistes semblent ne pas vouloir reculer. Après le sit-in devant le ministère
de la Santé, ils prévoient d'en tenir un autre, mercredi prochain, devant le
palais du gouvernement et un troisième devant la présidence de la République,
le 24 février.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah-Eddine K
Source : www.lequotidien-oran.com