La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU demandant un
cessez le-feu immédiat à Ghaza a ceci d'inacceptable qu'elle met sur un plan
d'égalité l'agressé et l'agresseur, la victime et le bourreau. Ce n'est
d'ailleurs qu'à cette inique condition qu'elle a pu être votée. Les Etats-Unis,
en s'abstenant au lieu d'opposer leur veto, ont permis son adoption du moment
qu'elle ne condamne ni l'agression israélienne, ni ne somme l'Etat sioniste à
se retirer de la bande de Ghaza et à lever son blocus qu'il impose à celle-ci.
Il est en somme demandé par le Conseil de sécurité que
seules les actions armées cessent, ce qui laisse ainsi à l'agresseur sioniste
le bénéfice de son invasion de la bande de Ghaza. Bien entendu, l'on décriera
avec véhémence le rejet par Hamas de cette résolution en faisant valoir que la
priorité des priorités est de mettre un terme aux massacres qui continuent de
se produire. Mais en l'acceptant telle qu'elle, il aurait commis la faute plus
grande encore de sacrifier le martyre et les souffrances de la population
palestinienne de Ghaza pour un bref et illusoire répit dont seul l'entité
sioniste aura le bénéfice, tant au plan diplomatique que de sa propagande psychologique.
C'est d'ailleurs en escomptant que le Hamas, par nécessité
humanitaire, en serait réduit à accepter cette inique résolution du Conseil de
sécurité que les Etats-Unis l'ont laissé passer. Israël ne s'est pas formalisé
de l'abstention de son principal allié stratégique, sachant qu'en l'état, le
texte onusien ne l'oblige en rien.
En obligeant en fait le Conseil de sécurité à ne réclamer
que la conclusion d'un cessez-le-feu, Washington a voulu se dédouaner à peu de
frais de la responsabilité qu'ont les Etats-Unis dans le déchaînement criminel
de l'agression sioniste. Son abstention a par ailleurs valeur d'encouragement à
l'Etat sioniste à ne pas tenir compte de la demande de ce Conseil de sécurité. Les
«bonnes âmes» qu'on a peu entendues depuis que l'agression sioniste a démarré,
ponctuée de crimes humanitaires et de guerre allant en s'amplifiant dans
l'atrocité, se démèneront et s'agiteront hystériquement pour imputer au Hamas
d'être obstacle au «retour au calme» dans la bande de Ghaza. Bien évidemment
que l'arrêt immédiat des massacres dont est victime la population civile
palestinienne est la priorité des priorités à faire aboutir. Mais pas au prix
d'un arrangement qui absout le criminel de ses forfaits et d'une trêve sans
contraintes strictes pour l'agresseur, qui pourrait ainsi à tout moment
relancer son agression. Le Conseil de sécurité de l'ONU, bloqué et impuissant,
s'est donné «bonne conscience» en pondant une résolution dont il sait
parfaitement que le contenu n'est nullement contraignant pour l'agresseur et
est une insulte à la mémoire des martyrs palestiniens morts à Ghaza.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com