Oran - Revue de Presse

Polyclinique Haï Chouhada: Le personnel accuse, la direction répond



Après le sit-in tenu devant le siège de la wilaya et à l'issue duquel ils ont remis une lettre ouverte au wali, plus de 40 membres du personnel de la polyclinique Haï Chouhada ont tenu, hier, un autre rassemblement devant leur structure. Ceci afin de remettre en question les dernières dispositions prises en matière d'horaire de travail, ainsi que ce qu'ils qualifient «de mesures arbitraires» prises à l'encontre de deux praticiennes qui n'auraient demandé, selon elles, que la mise en place des commodités dans leurs nouvelles structures d'affectation.

 Le personnel en question, majoritairement des femmes, a relevé que les nouveaux horaires de travail s'appliquaient uniquement pour certains, alors que «d'autres travaillent à leur guise». En plus de ce qu'ils qualifient de favoritisme, les protestataires relèvent les agissements méprisants du directeur de la tutelle, à savoir l'EPSP Es-Seddikia. Une autre revendication est également formulée sur le non versement des rappels contrairement à d'autres établissements. Sans pour cela refuser de travailler, le personnel en grogne affirme que cette action a été initiée afin d'interpeller les responsables du secteur sur la réalité, dans cette polyclinique, pourtant retenue comme pilote pour plusieurs programmes.

Du côté de la direction, d'emblée on s'interroge sur le fait que sur plus de 20 structures que compte l'EPSP, seul le personnel de cette polyclinique a réagi. En plus, il s'agit selon le directeur de l'EPSP à un retour aux normes en matière d'horaire et qui constitue une orientation retenue à l'échelle nationale. Ainsi, le personnel, tous corps confondus, est obligé de travailler huit heures afin de permettre aux citoyens d'être mieux pris en charge dans les structures de base. Les nouvelles dispositions sont claires et exigent de la première équipe d'entamer sa mission à 8h et l'achever à 13h, alors que la seconde prend le relais jusqu'à 20h, heure du début de la garde médicale et dentaire, durant les jours ouvrables. Pour les jours fériés, il est exigé un roulement qui touche l'ensemble du personnel et sans exception une présence de 2h et cette astreinte, selon un membre de la direction, devrait revenir tous les 3 mois. Concernant les deux spécialistes qui ont été réorientées vers leur établissement d'origine, le directeur de l'EPSP a été clair en affirmant qu'à titre d'exemple, la cardiologue a refusé d'exercer à Bendaoud, près de Sidi El Bachir, où les besoins de prise en charge médicale sont importants. Il affirme qu'il a même assuré la praticienne de mettre à sa disposition un moyen de transport. Notre interlocuteur a été très clair en affirmant que ces nouveaux horaires dérangent beaucoup plus un personnel qui a exercé durant des années, en deçà de la norme horaire. Or, la nouvelle politique nationale s'articule autour du retour à une rationalisation de l'activité afin d'assurer des soins de qualités. Le directeur de l'EPSP explique qu'«une quinzaine de dentistes de cette polyclinique ont refusé de se conformer à cet horaire, sous prétexte qu'ils n'ont pas perçu de rappel, alors qu'en réalité, ce sont ces nouveaux horaires de travail qui les dérangent. Au sujet des rappels, le même responsable a indiqué, «cette semaine, ils percevront cinq mois de rappel et la semaine prochaine ils encaisseront les 8 mois restants».


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