
Portrait n Malek Alloula est considéré comme un acteur majeur de la poésie algérienne, pratiquant une écriture exigeante, élégante, sobre, inédite et authentique.L'?uvre et la vie du poète et écrivain Malek Alloula, disparu il y a un an, a fait l'objet d'une rencontre au centre diocésain des Glycines, et ce, à l'initiative des éditions Barzakh. Celui qui est qualifié d'intellectuel engagé, sensible et exigeant, un homme de lettres qui a laissé une ?uvre remarquable. Et les discussions sur son parcours ont été riches et enrichissantes.C'est ainsi que l'universitaire Yamna Chadli Abdelkader, de l'université de Bordeaux (France), dira que «Malek Alloula, à travers ses ?uvres poétiques, évoque le silence, l'absence et la séparation. Quand je l'ai connu pour la première fois, en France, dans le cadre d'un travail de recherche, j'ai été frappée par son regard, un regard à la fois présent mais beaucoup plus ailleurs et je fus surprise toutes les autres fois que je rencontrais Malek de retrouver encore une fois et à chaque fois ce regard d'ailleurs, un regard qui reflétait l'exil des terres ancestrales». Un regard de l'exil ou alors la captation d'un ailleurs, une absence, un trop-plein de présence? s'est-elle interrogée. Un regard qui l'a marquée dès sa première rencontre avec lui. L'intervenante a, ensuite, évoqué le langage littéraire caractéristique au poète. «Ses ?uvres sont saturées parfois par l'arabe oranais (sa région natale) qu'il ne cesse jamais d'évoquer, une manière pour lui d'exprimer son attachement à cette région et à la terre natale, malgré la distance physique qui le séparait de celle-là», explique celle qui le qualifie d'auteur d'une dimension universelle. De son côté, Nadjet Khadda, universitaire, a évoqué la blessure profonde qui a tout changé dans la vie de Malek Alloula. «Une blessure qui trouve son origine dans l'attentat perpétré par la horde sauvage contre son frère, le dramaturge Abdelkader Alloula, en mars 1994», souligne-t-elle. Et d'ajouter?: «Malek Alloula ne s'en est jamais remis, car il avait une relation de grande complicité et de complémentarité avec son frère, le dramaturge Abdelkader». Nadjet Khadda a déclaré que «Malek Alloula a été un très grand poète, malheureusement il été trop méconnu. Je dirais peut-être que s'il est resté méconnu ?hélas? c'est parce que la poésie qui était son amour est un peu «élitiste» et aborde des causes et des thèmes très profonds?.» Nadjet Khadda dira pus loin dans son intervention que «Malek Alloula appartient à cette famille de grands artistes algériens qui ont marqué brillamment leur époque avec beaucoup de talent et de capacité». Quant à Abdoun Ismail, universitaire et poète, il s'est rappelé du temps où il a connu Malek Alloula.«C'est à l'université que j'ai connu Malek Alloula, en 1964, à l'Ecole nationale supérieure d'Alger où il faisait des études en lettres modernes», s'est-il souvenu, et de poursuivre?: «J'ai appris de lui une chose très importante : la discrétion». L'intervenant a parlé de sa sensibilité créatrice. «Il était «habité» par la poésie qui ne le quittait jamais, à travers laquelle il chantait ses terres ancestrales et évoquait son amour inconditionnel pour son pays. Une manière de revendiquer fièrement sa «paysannerie», souligne-t-il. Et de renchérir?: «A travers ses ?uvres, Malek Alloula ne cherchait rien d'autre que la pureté».Malek Alloula est né le 13 novembre 1937 à Oran et décédé le 17 février 2015 à Berlin, en Allemagne, à l'âge de 78 ans, peu de temps après la mort de son ex-épouse, la célèbre romancière Assia Djebar. Elève de l'Ecole normale supérieure, études de lettres modernes à la faculté d'Alger, ensuite à la Sorbonne, à Paris, avec un sujet de thèse portant sur Denis Diderot et le XVIIIe siècle, il poursuivra des activités éditoriales à Paris depuis 1967.Après l'assassinat de son frère, Abdelkader Alloula, Malek Alloula fera la promotion et la vulgarisation de ses ?uvres à travers une association éponyme dont il était le président.Considéré comme un acteur majeur de la poésie algérienne, pratiquant une écriture exigeante, élégante, sobre, inédite et authentique, Malek Alloula est l'auteur de plusieurs livres dont le recueil de poésie «Mesures du vent», ou encore un recueil de nouvelles «Le cri de Tarzan».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com