En attendant que les autres syndicats du secteur en fassent autant, le
Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et
technique (SNAPEST) entame, à partir d'aujourd'hui, une grève nationale
ouverte, ceci en application de la décision prise lors de son conseil national
tenu le 30 janvier dernier à l'issue duquel un préavis de grève a été déposé.
C'est ce qu'ont réitéré, hier, deux membres du bureau d'Oran de ce syndicat
lors d'un point de presse consacré essentiellement sur les véritables motifs de
cette seconde grève de l'année scolaire en cours. D'emblée et en réponse à une
correspondance signée par le ministre de l'Education et affichée dans tous les
établissements qualifiant cette action de « grève de plus », M.Rabehi,
coordinateur de la section d'Oran, précise que cette action n'est que le
prolongement de la grève du 8 novembre dernier et qui a été suspendue suite à
un accord signé le 24 du même mois entre la tutelle et le Snapest et qui a été
consacrée aux trois dossiers en litige, dont le versement intégral des rappels
d'émoluments au titre de complément IEP et IAPP avec effet rétroactif à compter
du 1er janvier 2008 indexés sur le nouveau salaire de base, un acquis, selon le
syndicaliste, qui est traité séparément du dossier du régime indemnitaire. Pour
M.Rabehi, les tergiversations de la tutelle sur ce point ne sont qu'un recul de
cette dernière par rapport à ses engagements fixés à 40 %, un taux qui serait,
selon un conseiller du ministre qui s'exprimait hier sur les ondes de la chaîne
III de la radio nationale et qui aurait précisé que le taux de ces deux
indemnités se situerait à hauteur de 20 %. Pour le Snapest, cette volte-face de
la tutelle n'est autre qu'une provocation qui s'ajouterait à la dernière mesure
prise par le département ministériel d'Aboubakr Benbouzid consistant à relever
systématiquement la situation de l'absentéisme du corps enseignant qui pourtant
n'est que de 1,7%.
Une lettre, selon le Snapest, qui
présente plusieurs contradictions de fond, notamment en ce qui concerne le
régime indemnitaire qui serait, dans un premier temps, en voie de finalisation
et, dans un second, demeure tributaire de celui de tout le secteur de la
fonction publique qui compte 42 corps, dont 6 n'ont pas encore remis leurs
statuts particuliers. Dans ce cadre, le Snapest a diffusé un avis de «
dénonciation et de réprobation de cette mesure » qui, loin d'avoir comme
objectif la définition des véritables causes d'une situation donnée, ne peut
avoir de sens que la diversion et une forme de pression sur l'encadrement
pédagogique.
Pour lui, si le secteur de
l'Education va mal, il n'est pas question que cette situation soit endossée par
le seul personnel pédagogique, mais les véritables raisons sont beaucoup plus
profondes. Interrogé sur le risque d'une année blanche, le syndicaliste a précisé
que les enseignants sont conscients et ne comptent pas tenir en otage les
élèves, d'une part en raison de l'avancement des programmes estimé pour la
wilaya d'Oran à 60 % et, de l'autre, en assurant le déroulement des
évaluations, des corrections et leur participation aux examens de fin d'année.
Dans son appel à la grève, le Snapest rappelle que 80 jours après la signature
de l'accord avec la tutelle portant en plus du versement des dus antérieurs,
sur la constitution de commissions mixtes composées de représentants des
syndicats et des ceux des ministères de l'Education, des Finances, de la
Fonction publique, ainsi que de commissions ad hoc avec la même composante
chargées de plancher sur les dossiers en suspens dont le régime indemnitaire,
rien de concret n'a été décidé.
Entre temps, les enseignants
continuent à broyer le noir avec une inflation galopante, ce qui fera dire à
M.Rabehi que la fixation de la contrepartie financière ne doit pas être figée,
mais doit être révisée périodiquement sur la base des prix à la consommation.
Au sujet de l'approche séparée de la grève entamée en rangs dispersés, un
membre du bureau national du Snapest présent a tenu à préciser que tout
syndicat autonome est souverain dans son action et que le Conseil des lycées
d'Alger entrera également en grève à partir du 21 du mois en cours avant que
d'autres syndicats ne feront de même probablement à partir du 24. En revanche,
le même responsable syndical a déploré le fait que certains syndicats oublient
l'essentiel, à savoir la question salariale pour plancher sur la gestion des
oeuvres sociales, dans une tentative de déboulonner l'UGTA et prendre place.
«Si cela devait avoir lieu, le Snapest compte réagir fermement pour dénoncer
cette manÅ“uvre», devait-il conclure.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com