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Pleure ! Ma ville ! Pleure !



Pleure ! Ma ville ! Pleure !
Il y a de quoi, pas seulement de pleurer, mais de s'immoler ! Du Petit Paris, de la Blanche, d'El-Bahya, de l'antique Cirta, et de la ville des Roses, des Thermes, des fraises, de l'Orange, ou des Genêts, de toutes nos villes, il ne reste que leur nostalgie de l'autrefois, et de la déshérence de nos jours. ''Douarisées'' sans distinction ni discrimination par l'agouvernance et l'incompétence générales et nationales, elles se développent dans l'anarchie, au gré de l'humeur de leurs Dieux de l'heure, maires mal élus, ou émirs de la wilaya parachutés d'on ne sait d'où. Gérées par le hasard, elles tombent en ruine dans le silence. Conquises par la voyoucratie et l'insécurité même en plein jour, elles sont devenues partout invivables. Pauvre ville d'Algérie ! Comment veux-tu que les foules de touristes étrangers viennent se bousculer à tes portillons pour te découvrir ou revoir dans quel état tu te retrouves ' Pour pleurer ton sort en matière de gestion, moderne et modèle, de la ville. Plan derrière plan et mandat après mandat, au bout de 50 ans, l'exemple de la Blanche devenue grise pour ne pas dire noire, rejetée au fond du classement des métropoles où il fait bon vivre, donne du baume au c'ur des gestionnaires qui nous ont appris la mesure au pire que soi pour se sentir meilleur. Pleure, ma ville pleure, car le mal qui te mange et gère tes affaires est une gangrène. Tu es sale et mal gérée selon l'intérêt personnel. Tu es à l'abandon, et tes citadins qui à dire vrai, ne regorgent pas de civisme, achèvent le reste. Comme veulent tes maitres, tu contiens avec ce dont tu disposes en moyens une implosion démographique indomptable. Maman l'Etat qui se propose aujourd'hui de revenir à sa place en commençant par l'attaque de l'informel était le premier entrepreneur dans les lois piétinées. Plein d'édifices publics se sont élevés sans permis de construire. Alors quand le maitre donne l'exemple que peut-on reprocher à l'élève ' Et si d'aventure, on venait à faire appel au bulldozer, par où peut-on commencer la destruction de l'illégal ' On pourrait s'y amuser, mais à s'y conformer au strict légal, c'est tout un pays qu'on aura à reconstruire. Mais pas de panique, le faux ne se suicide pas pour du vrai. Un petit tour de magie bureaucratique et tout sera régularisé. Par le miracle d'une petite signature apposée, tout ce décor lunaire de cubes bétonnés, érigés dans l'anarchie et dans l'indifférence de l'art urbanistique qui te défigurait, muera en constructions parfaitement licites. 'La loi n'est pas un obstacle", a dit un jour, un grand Vizir bien de chez nous. Alors, même si une quelconque loi viendra à ton secours du hasard, tu peux y compter ! en pleurant ton sort bien sûr !
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