
L'historien allemand Hartmut Elsenhans a plaidé mardi lors d'une conférence animée à Oran pour la "décolonisation" de l'historiographie relative à la lutte de libération algérienne, estimant que ce domaine de recherche butte encore sur la dominante française."Les chercheurs algériens gagneraient à choisir des sujets autres que ceux qui résultent des idées dominantes de l'historiographie française", a préconisé ce professeur de l'Université de Leipzig dans sa communication donnée au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) sous le thème "Guerre d'Algérie et histoire mondiale".Par sa conférence axée sur ses nombreux travaux sur l'histoire de la Révolution algérienne, Pr. Elsenhans a affirmé vouloir "inciter les jeunes universitaires algériens à apporter leur contribution à la décolonisation de l'historiographie de la Guerre d'Algérie", estimant que "l'approche française peut être résumée à l'historiographie événementielle" dont la teneur fondamentale est "le regret des occasions manquées".Le conférencier a suggéré, à ce propos, de "contrer cette vision pour mieux décrire l'histoire d'une Nation qui n'a jamais cessé de résister"."La Révolution algérienne a marqué un tournant dans l'évolution de la résistance du tiers-monde", a-t-il souligné, expliquant que "l'Algérie est le premier mouvement de libération nationale avec deux caractéristiques spécifiques, c'est-à-dire une base paysanne et non pas urbaine, et l'absence de la théorie marxiste de la révolution"."L'Algérie aspire à une modernité algérienne et non pas à une modernité imposée de l'extérieur, ce qui vaut encore pour la révolution d'autres pays", a observé l'historien dont le séjour à Oran comporte également l'animation d'un atelier thématique au CRASC destiné aux jeunes doctorants.Dans une déclaration à l'APS, Pr. Elsenhans a fait part de la récente remise de la totalité de ses documents aux Archives nationales algériennes, et ce, lors d'une cérémonie tenue la semaine dernière à l'occasion d'un colloque à Bejaia.Ces documents, a-t-il dit, comportent la retranscription d'interviews d'époque réalisées par ses soins auprès d'une cinquantaine de personnes, dont de hauts officiers de l'armée coloniale.De son côté, le socio-historien Hassan Remaoun s'est félicité de la contribution du Pr. Elsenhans, notant que ce professeur est de plus en plus édité en Algérie, ce qui constitue "un grand avantage au plan de la documentation sur l'histoire nationale, du monde Arabe, de l'Inde et de l'Amérique latine".
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz