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Place aux échanges durant une semaine!



Place aux échanges durant une semaine!
Deux films ont inauguré cette soirée samedi, en DCP, un film libanais et un autre algérien, Kindil El Bahr, de Damien Ounouri, qui a suscité plutôt de bonnes réactions parmi le public...C'est bon de retrouver les visages d'amis que l'on revoit une fois dans l'année, mais qui restent tout près du coeur durant toute l'année. C'est donc avec un plaisir toujours renouvelé que les cinéphiles, entre festivaliers, journalistes et tout public confondu se sont rendus samedi dernier à la cinémathèque de Béjaïa pour étrenner la 14e édition des Rencontres cinématographiques, qui cette année se font au moyen du DCP, évitant enfin les anciens désagréments techniques connus de par le passé et qui étaient nullement du ressort de l'association organisatrice de l'événement, Project heurts. Aussi, c'est dans la capitale des Hammadites que s'est ouverte cette manifestation qui durera jusqu'au 9 septembre et réunira un ensemble d'activités entre projections, tables rondes, autres ateliers et master class. Samedi fut une journée torride marquée d'abord par la rumeur d'un incendie dans la forêt ou la montagne et une ouverture qui en dit long sur la suite du programme hyperchargé des RCB. Après avoir détaillé ce dernier et remercié les invités et les sponsors, Abdenour Hochiche président de l'association fera remarquer que la commune de Kherrata aura aussi son DCP. Ce qui est en soi une autre bonne nouvelle. De la chaleur et surtout de l'effervescence sur grand écran, il y en a eu en cette nuit pas comme les autres, qui finira comme à l'accoutumée, à Bordj Moussa entre fête des papilles (dîner) et celui du corps (avec un orchestre qui ravira et poussera les convives à danser inlassablement). Mais avant cela, deux films haletants et pas des moindres ont été projetés à la cinémathèque.Le premier de 14 mn est un court métrage libanais de Hussein Ibraheem. L'histoire d'un braquage commis par trois hommes et une femme, qui tourne au fiasco à cause d'un manque de confiance en eux, dit le synopsis. Tout commence par une voiture qui s'arrête en plein milieu aride et rocailleux.Un no man's land où l'on transporte le corps d'un homme blessé qu'on laissera mourir dans le coffre et l'on s'apprêtera à mettre sous terre. Mais une des trois protagonistes refuse. Il s'agit d'une fille que l'on suppose être la petite amie de ce garçon, mais vite elle persuade un autre ami de tuer celui qui est en train de creuser le trou, l'accusant lui du meurtre de leur camarade. Cela tourne à la catastrophe quand celui-ci avoue à la fille que cet homme a pour sa part empoisonné l'eau qu'elle boit d'où peut-être ses douleurs d'estomac.Un thriller à fleur de peau rehaussé par des acteurs brillants tant par leur jeu que par la limpidité de la mise en scène dans laquelle ils vont se retrouver piégés comme dans un jeu de rôles. Echec et mat. Personne n'en sortira indemne.Un autre film cette fois, un autre court métrage, celui d'un Algérien, Damien Ounouri, mais somme toute plus long, car il fait 40 mn. Il s'agit de Kindil El bahr qui a bien marché à la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival de Cannes et puis a reçu par la suite le Prix du jury au Festival international d'Oran du film arabe. Pour résumer, il s'agit d'une femme qui après avoir été agressée et tuée sur une plage, revient se venger après s'être transformée en méduse. Son mari interprété par Nabil Asli tente vainement de pousser les recherches, mais la police reste inerte face à la violence de la mer qui n'est pas sans rappeler métaphoriquement parlant la passivité somme toute des Algériens qui font souvent la sourde oreille et ne viennent pas en aide à une personne en danger, et plus particulièrement à une femme dans la rue, quand celle-ci se fait agresser. Aussi, la beauté du film, puisqu'il demeure beau malgré la cruauté de la scène, réside dans la performance, on ne le dira jamais assez, de la comédienne qui s'est surpassée en jouant sur et sous l'eau, comme le montrera cette caméra presque alléchante.A côté de la violence de l'indifférence, le réalisateur a su opposer avec intelligence et subtilité la tendresse du geste et du regard échangé entre ce couple dont l'amour est, faut-il le souligner, montré pour une fois à l'écran dans un rare éclat de fraîcheur et de bonheur presque naïf, mais si naturel.Le baiser contre le viol. Un signe fort et alarmant surtout qui en dit long sur l'aspect politiquement engagé de ce film, dont Damien Ounouri dira à juste titre «ailleurs il existe des lois» pour punir les agresseurs, ce qui manque cruellement ici, voire dans d'autres pays où souvent «c'est la victime qui devient coupable».Aussi, à propos de ce film, Damien Ounouri confiera que ce dernier est venu presque par «accident» alors qu'il était en préparation de deux longs métrages «plus coûteux et ambitieux» relevant le manque de soutien financier de l'Etat malgré son bel enthousiasme affiché.Damien Ounouri, ne mâchant pas ses mots, n'hésitera pas à dénoncer tous ces réalisateurs «qui en 15 ans ont volé cet argent pour faire des mauvais téléfilms, alors qu'aujourd'hui on nous dit que les caisses sont vides. Il n'y aura plus de films dans ce cas...» En attendant, vaille que vaille, gageons que nos réalisateurs continueront à faire des films, quitte à ce que l'argent vienne davantage des subventions étrangères - car c'est le cas souvent, ça aussi c'est la loi du marché dans l'industrie du 7e art qui impose cela et personne ne peu rien contre. Bref, des films pour l'heure, il y en aura et à la pelle et c'est à la cinémathèque de Béjaïa que cela se déroule, soit tout les jours, à partir de 14h30, 17h et puis 20h. Pour paraphraser Abdenour Hochiche, parlez-en autour de vous et venez nombreux!
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