
L'Association solidarité des pharmaciens de l'Ouest (ASPO), qui compte 4000 adhérents répartis sur 28 wilayas, s'érige contre la subsistance, en Algérie, d'ordonnances manuscrites et demande aux responsables du secteur de la santé le passage, dans des délais raisonnables, à l'informatisation des prescriptions médicales.C'est l'un des points essentiels traités lors d'une rencontre avec la presse organisée, hier, à l'hôtel Four Points d'Oran. A la tête de cette organisation qui englobe désormais le personnel des officines, le Dr Nour El Houda Maïziz indique que l'Algérie est «le dernier pays comparé notamment à nos voisins marocain et tunisien à fonctionner encore avec des ordonnances manuscrites». Elle tient compte des inconvénients que cette méthode comporte et, surtout, des risques d'erreurs car il faut, selon elle, parfois fournir un effort considérable, quitte à appeler le médecin, pour déchiffrer certaines écritures.Ce problème de lisibilité des ordonnances est illustré par le risque de confusion entre par exemple deux médicaments, «Inpadhium» et «Inpadium», qui servent à soigner des maladies complètement différentes, mais dont l'orthographe reste très proche. L'ASPO considère, par ailleurs, que l'importation frauduleuse de médicaments («cabas», terme populaire qui désigne l'introduction sur le marché de produits destinés à la vente mais entrés sur le territoire sans être déclarés en tant que tels) constitue un fléau à tel point de lui consacrer une rencontre internationale prévue en mars.Ce marché parallèle, quoique limité, est censé couvrir certains besoins dus aux pénuries. Lors de cette rencontre, l'Association a donc également dressé une liste d'une trentaine de médicaments supposés être touchés par une rupture de stock. Pour le Dr Maïziz, cette liste a été établie selon une enquête de terrain faite auprès des pharmacies adhérentes à l'Association. En réponse à une question sur la disponibilité des équivalents en génériques, elle a considéré que la pénurie concerne aussi, et dans une large mesure, cette catégorie. Quant à l'efficacité de ces derniers, elle estime que l'OMS exige des fabricants que les principes actifs qui caractérisent tout médicament soient les mêmes que les molécules mères et que les doses soient respectées.Selon elle, si manque d'efficacité il y a, cela relève de la responsabilité des laboratoires et ils sont nombreux en Algérie. Justement, l'ASPO compte se lancer dans la fabrication ; elle a bénéficié d'un terrain dans la zone d'activité de Boutlélis (à l'ouest d'Oran). Le projet est en phase de réalisation et on compte sur la contribution des adhérents pour constituer un capital de départ. «Nous considérons que les gens du métier, ceux qui ont fait des études pour, sont plus aptes à fabriquer des médicaments», estime la responsable de l'ASPO qui s'érige contre «les hommes d'affaires à la recherche d'un prestige social, qui se lancent dans cette filière mais sans en détenir les compétences».En attendant, l'ASPO lance son produit parapharmaceutique, un shampoing contre la chute de cheveux dont la formule a été créée par le Dr Cherif, un spécialiste qui a étudié en Angleterre et qui est en même temps vice-président de l'Association. C'est aussi dans un souci de répondre à des besoins que l'ASPO, diversifiant ses activités, s'est lancée dans la formation de ce qu'elle appelle les «employés d'officines» pour ne pas utiliser la terminologie «vendeur», inadéquate sur un plan déontologique.C'est le Dr Maïziz elle-même qui assure cette formation qu'elle a initiée et qui est maintenant en phase de négociation pour être prise en considération dans le secteur de la formation professionnelle, c'est-à-dire aboutir à des diplômes reconnus. De 14 élèves inscrits fin 2014, l'école est passée à 173 puis 222 et enfin 380. La demande a considérablement augmenté grâce à une convention avec l'ANEM et avec une compagnie d'assurance (CIAR) pour assurer les apprenants. Résultat : plus de 300 personnes ont été recrutées, dont une centaine par le biais de l'ANEM. «C'est ma fierté d'avoir contribué à donner l'occasion à des jeunes d'être recrutés, pour certains, par les grands groupes étrangers, comme Sanofi, ou nationaux comme Saidal».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com