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Pénible transition au professionnalisme Bilan de l'exercice footballistique 2012-2013



Par Kamel Amghar
Le football algérien «boucle» sa troisième saison de l'ère dite professionnelle. On doit dire qu'il s'agit plutôt d'un laborieux apprentissage, de transition pénible. L'exercice s'achève, comme lors des deux précédentes éditions, dans la médiocrité et le bricolage. Le niveau technique du championnat reste tout juste moyen. Faute de concurrents sérieux, l'ES Sétif, qui avait pourtant fortement remanié sa composante, garde son titre de champion. L'USM Alger, en dépit d'un recrutement très coûteux au départ, se contente de la coupe de la République face son à «frère ennemi» le MCA. Le doyen, qui n'avait pas digéré sa défaite logique sur le terrain, a gâché un moment de fête en boudant la cérémonie de remise du trophée. Une entorse au protocole et au fair-play qui a choqué plus d'un. Cet
incident, à lui seul, offre une caricature assez expressive sur les mentalités et les pratiques de ce milieu tumultueux du foot algérien. Le club de Soustara s'est aussi adjugé la Coupe arabe, une compétition régionale non reconnue par la FIFA. Un titre, honorifique et relativement bien doté, qu'il compte défendre la saison prochaine en faisant l'impasse la coupe de la CAF ! Un choix qui renseigne sur le projet sportif des rouge et noir.
En Ligue des champions d'Afrique, nos représentants ont été écartés avant même d'atteindre la phase des poules. L'ESS et la JSMB ont cédé face à des concurrents plus aguerris et mieux préparés. Leur réversion en coupe de la CAF ne promet rien, non plus. Ils connaîtront probablement le même sort que l'USMA qui en a été évincée dès les premiers tours. Il est aujourd'hui établi que le niveau actuel des clubs algériens est loin de celui de leurs homologues africains. Revenons au championnat ; d'illustres formations comme la JS Kabylie, le MC Oran, le CR Belouizdad, l'ASO Chlef ou la JSM Béjaïa ne sont que l'ombre de ce qu'elles étaient jadis. Elles se limitent présentement à faire une figuration de mauvaise facture. En matière de gestion et de management, beaucoup de clubs, si ce n'est l'ensemble des sociétaires de la Ligue I, continuent d'évoluer avec la mentalité de l'amateurisme. Les directions en place dépensent des milliards de dinars en contrats de joueurs et de techniciens et refusent d'investir dans l'infrastructure et la formation. Au jour d'aujourd'hui, rares sont les formations qui disposent de leur propre centre de préparation et de formation. Tout en fermant les portes aux actionnaires privés, ces présidents inamovibles continuent de lorgner l'aide de l'Etat et des collectivités locales pour couvrir leur incompétence et leur gestion chaotique. Les pratiques «frauduleuses» sont toujours monnaie courante. Sur le papier, les clubs employeurs ont été contraints à se mettre en adéquation avec la législation du travail et l'administration du fisc. Mais dans la pratique quotidienne, le «cash» prédomine toujours dans les transactions, et les primes de match sont encore distribuées dans des sachets noirs. Ce constat est aussi valable pour les formations de la Ligue 2. En prévision des exercices prochains, la FAF et le ministère de tutelle doivent agir énergiquement pour conformer ce «professionnalisme naissant» à l'esprit des textes qui le définissent. Sinon, on serait d'éternels derniers aux grands rendez-vous internationaux.
K. A.
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