Oran - A la une

PEINE DE MORT Comment faire évoluer le moratoire en abolition '



L'abolition de la peine de mort n'étant pas encore à l'ordre du jour en Algérie, juristes et défenseurs des droits de l'homme plaident pour sa circonscription à certains cas édictés par la loi coranique. Objectif : ne pas se heurter aux plus extrémistes. L'organisation de Farouk Ksentini table sur cette démarche pour faire évoluer le moratoire vers une abolition, même conditionnée.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - La Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l'homme (CNCPPDH) compte sur l'appui de l'Organisation internationale pour la réforme pénale pour l'élaboration d'un plan national pouvant faire évoluer la réflexion pour le passage du gel de l'application de la peine de mort vers une abolition pure et simple. L'idée serait d'essayer de convaincre même les plus réfractaires en proposant non pas une abolition mais une application plus restreinte de la peine de mort. En procédant de la sorte, Mohamed Bendjedidi, membre de la CNCPPDH, pense que les cas sur lesquels s'appliquerait la Charia seraient très réduits, à l'exemple de l'adultère pour lequel il faut pas moins de quatre témoins et un flagrant délit. Une évolution qui permettrait d'apporter des réponses concrètes aux quelque 400 détenus condamnés à mort qui croupissent toujours dans les prisons. Un avenir qui ne sera déterminé, affirme Mohamed Bendjedidi, que lorsque les textes de lois changeront. Pour y arriver, une réflexion est entamée en collaboration avec l'Organisation internationale pour la réforme pénale. Son représentant, Taleb El Sekkaf, plaide pour une action concertée au niveau de la Ligue arabe et considère que des pays comme l'Algérie pourraient envoyer un signal fort. S'adressant aux participants de la session de formation organisée par la CNCPPDH, Taleb El Sekkaf plaide pour l'élaboration d'un programme national qui ne soit pas un prétexte pour entrer en conflit avec les personnes qui défendent le maintien de la peine de mort. Un «brouillon» de ce programme sera élaboré à l'issue de cette session. Plusieurs pistes de réflexion sont à explorer. Le représentant de l'Organisation internationale pour la réforme pénale n'exclut pas le recours à un référendum pour, dit-il, sonder la société et connaître les grandes tendances d'opinion au sujet de la peine de mort. Il préconise également des mesures transitoires comme la qualification des délits par les juges de manière à ne pas tomber sous le coup des articles qui prévoient la peine de mort, et plaide pour que les nouveaux textes ne contiennent plus d'articles prévoyant la peine de mort. Taleb El Sekkaf estime qu'il ne s'agit pas seulement de proposer aux Etats d'abolir la peine de mort mais de proposer des alternatives qui, dit-il, ne peuvent se limiter à un emprisonnement à perpétuité, au risque de causer, en plus des coûts induits par cet internement, une souffrance morale aussi bien pour le détenu que pour sa famille.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)