
Beaucoup d'Algériens sont pressés de voir l'année s'achever sans trop de déceptions supplémentaires. Tourner la page et passer à autre chose, ce doit être aussi, sans doute, le v?u le plus cher des dirigeants. Il est vrai que terminer 2016 entre le décès en prison d'un journaliste et, entre autres, une contestation contre la réduction de la durée des vacances d'hiver ou encore celle de la suppression de la retraite anticipée, obligeant dans ces deux derniers cas le gouvernement à faire machine arrière, ce sont trop d'échecs difficiles à assumer de la part d'un pouvoir en fin de course.Surtout que la mort de Mohamed Tamalt en détention, dans des conditions qui restent à éclaircir, a de quoi émouvoir, c'est le moins qu'on puisse dire, l'opinion, aussi bien en Algérie qu'à l'étranger. C'est là un scandaleux et inacceptable précédent dont l'Exécutif se serait bien passé dans un contexte alourdi par la maladie du président de la République, au point où beaucoup de citoyens s'interrogent : «Où va l'Algérie '» Une question que se posait il y plus d'un demi-siècle Mohamed Boudiaf et qui reste d'actualité face à autant d'incertitudes et d'inquiétudes quant à l'avenir immédiat du pays et du fonctionnement de ses institutions jusqu'à celles plus élevées de la République.Malheureusement, force est de constater que la gouvernance en Algérie, pour sortir de l'immobilisme, fait le choix de la fuite en avant avec les conséquences que l'on sait. Obligé de céder aux différentes pressions sociales, le gouvernement a été contraint au rétropédalage à fond dans le seul souci de faire face à une année difficile sur tout le front social.Mais 2017 sera très certainement plus dure pour la majorité des citoyens, qui seront confrontés à la cherté de la vie comme jamais auparavant, sans compter les autres problèmes qui tissent depuis longtemps la trame de leur quotidien, à savoir le chômage récurrent, aggravé cette fois par la crise qui semble s'inscrire dans la durée et qui pourrait toucher des secteurs de l'activité économique jusque-là épargnés, le logement susceptible de connaître de fortes pressions au niveau de la demande, suite au rallongement des délais de livraison généré par les retards dans la réalisation de nouvelles habitations?L'effet boule de neige que les économistes connaissent bien et que les gouvernants, dans leur optimisme béat, persistent à ignorer, allant jusqu'à écarter toute réforme salutaire en temps de crise comme, par exemple, celle qui a trait au système de subvention de certains produits, notamment énergétiques. Par manque de courage politique, diront certains, ou par absence de pédagogie envers les gouvernés que nous sommes, tenus dans l'ignorance par mépris de la part de ceux qui gouvernent sans doute, diront d'autres. Toujours est-il que tant que cette posture des responsables, à tous les niveaux, persiste, on peut sans crainte affirmer que l'on est loin de sortir de cet immobilisme dévastateur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com