De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
Pour les habitants de l'écrasante majorité des petites localités de la wilaya d'Oran, une «excursion» à Oran-ville est la seule manière
d'approcher l'activité culturelle, d'assister à une pièce de théâtre, de regarder une projection cinématographique ou, tout simplement, d'acheter un livre. Une petite virée dans les communes de Tafraoui, El Braya et Boufatis, relevant de la très médiatisée daïra d'Oued Tlélat, qui s'apprête à accueillir des nombreux projets de développement, renseigne sur l'étendue de l'indigence culturelle dont souffrent leurs habitants : aucune librairie en vue, pas d'espaces pour les activités culturelles, aucune salle de cinéma naturellement, de très rares cybercafés', bref une extrême pauvreté que les éternels cafés et ce qui reste des manèges de proximité n'arrivent pas à tempérer, même s'ils sont régulièrement fréquentés. «Même le terrain à côté que nous avions nous-mêmes aménagés en stade de football, a été enlevé pour servir d'assiette pour la création d'un centre de santé», déplore un jeune commerçant de la localité de Tafraoui, en regrettant l'absence d'espaces de loisirs et de divertissements. Sous les forts rayons de soleil de cet après-midi d'avril, deux ou trois gamins tentent de tirer un improbable plaisir de la balançoire et du cheval étêté, seules attractions à avoir été préservées de ce qui semble être le seul manège de proximité de cette localité quasi désertique.
A El Braya et Boufatis, les choses ne sont pas plus réjouissantes et les jeunes et moins jeunes semblent souffrir de l'absence d'activités culturelles et de loisirs, même si ces communes ne souffrent pas de l'éloignement qui pénalise lourdement Tafraoui. «La vie ici est d'un ennui mortel. Ce n'est pas pour rien que les jeunes s'en vont chercher leur bonheur ailleurs», confirme l'un des habitants.
Et ce n'est pas, non plus, pour rien que ceux qui cherchent quelques activités culturelles doivent se rendre simplement dans la ville d'Oran qui, si elle ne connait pas une vie culturelle trépidante, n'en représente pas moins l'Eldorado culturel pour les déshérités des communes
environnantes. A Oran, ils peuvent au moins assister à des représentations théâtrales presque quotidiennes, se rendre au Parc d'attraction d'El Hamri, assister aux films que la Cinémathèque programme tous les jours ou dans les cybercafés où la connexion est plus aisée.
Selon les pouvoirs publics pourtant, cette situation ne va pas durer très longtemps puisque, dans le cadre du programme de modernisation de la wilaya, de nombreuses réalisations culturelles sont prévues dans les localités citées plus haut. Des projets -comme la nouvelle ville d'Oued Tlélat- dont il est attendu (les promoteurs du programme s'y engagent) qu'ils permettent aux habitants d'avoir enfin une vie culturelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com