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Pas «d'urgence» pour le ministère de la Santé Manque flagrant de soins en radiothérapie



Pas «d'urgence» pour le ministère de la Santé                                Manque flagrant de soins en radiothérapie
Au moment où le cancer est inscrit dans le monde sur la liste des maladies chroniques, où la prise en charge se fait à tout prix, l'Algérie laisse ses malades mourir.
Des centaines de cancéreux décèdent faute de soins spécialisés, notamment la radiothérapie. Un état de fait qui ne semble pas être une urgence pour les pouvoirs publics puisque le directeur de la santé et de la réforme hospitalière au ministère de la Santé, le professeur Abid, est venu encore une fois prêcher, sur les ondes de la Chaîne III un discours à maintes fois rabâché par ses prédécesseurs. Il a annoncé l'ouverture des trois centres anticancer à Sétif, Batna et Annaba. Une information qui ne date pas d'aujourd'hui. Ces centres, dont la programmation remonte déjà à plus de dix ans, tardent à voir le jour. Ce que M. Abid a manqué de signaler par contre, c'est que des malades attendent des rendez-vous depuis des années.
Que propose-t-on aujourd'hui à ces centaines de malades qui attendent des soins, sachant que la maladie évolue ' Aucune solution d'urgence n'a été formulée par le directeur de la santé pour ces malades qui attendent un rendez-vous, dont le plus proche est prévu pour 2014. Les plus chanceux qui ont pu s'inscrire en liste d'attente pour le traçage n'auront leur première séance de radiothérapie que dans les trois mois qui suivent' Un gâchis ! Où est donc l'amélioration de la prise en charge des malades, M. Abid ' Dire que les trois centres qui seront ouverts au cours de l'année 2013 seront dotés de trois accélérateurs chacun est une bonne nouvelle, mais qu'apportez-vous de nouveau pour soulager la douleur des malades et de leurs familles '
L'ex-ministre de la Santé, avec qui le Pr Abid a collaboré durant plusieurs mois, avait aussi promis l'ouverture de 22 centres anticancer, l'acquisition de 57 accélérateurs de radiothérapie. Qu'en est-il réellement de ces engagements ' Ce n'étaient malheureusement que des déclarations restées sans suite.
Il est donc urgent pour les pouvoirs publics de prendre sérieusement en charge cette catégorie de personnes qui ont le droit à la vie comme tous les autres malades algériens. Tout le monde, aujourd'hui, s'accorde à dire que les centres fonctionnels, qui sont à Alger (Centre Pierre et Marie Curie), Constantine et Oran, sont en surcharge et n'arrivent plus à répondre à la demande. Le ministère de la Santé s'accroche encore à annoncer l'ouverture de centres en tant que solution et réfute toute autre proposition des médecins et du mouvement associatif.
D'ailleurs, M. Abid qui a, durant longtemps, dénoncé dans ses éditos les dysfonctionnements et la destruction du système de santé algérien, laisse presque entendre, aujourd'hui, que les cancéreux sont de toute façon condamnés et que d'autres maladies nécessitent une prise en charge à l'étranger. Pour lui, «ce n'est pas en transférant nos malades à l'étranger qu'on améliorera la prise en charge en Algérie», en réponse à l'appel lancé par certaines associations pour le transfert de malades vers les pays voisins tels que la Tunisie ou le Maroc, en attendant la mise en place du plan anticancer. Il admet néanmoins que quelques pathologies nécessitent en effet un transfert à l'étranger pour «des gestes ponctuels, un acte thérapeutique qui ne se fait pas ici en Algérie». Et d'insister : «Le coût du cancer est tellement important qu'on ne peut pas se permettre de laisser à chaque médecin l'initiative de le traiter comme il veut.»
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