Oran - A la une

«Pas d'élections et pas de dialogue»



Contrairement aux vendredis précédents, hier, les manifestants étaient en colère et profondément choqués par la mort de Kamel-Eddine Fekhar. D'ailleurs, en signe de solidarité avec sa famille et en sa mémoire beaucoup ont mis la calotte sur la tête qui symbolise l'accoutrement mozabite. «Pour libérer le pays, il faut libérer nos détenus d'opinion avant qu'il ne soit trop tard», ont ainsi scandé les marcheurs de ce vendredi.Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Alors que la veille de la marche les différentes composantes des groupes qui marchent chaque vendredi mais chacun de son côté, ont consenti à unifier les rangs pour ce vendredi, hier, une fois à la place d'Armes, des tensions ont failli dégénérer entre des membres des partis du MSP et du FLN avec le reste de la foule.
La raison, les représentants de ces partis voulaient chacun mettre en avant des slogans, sur lesquels la majorité n'était pas d'accord. C'est alors que des voix se sont élevées «MSP dégage, FLN dégage».
Des sages ont tenté de calmer les esprits en rappelant qu'il faut rester unis et solidaires. Pour finir, la majorité s'est détachée des deux groupes constituant les deux partis politiques et ont entamé leur marche en portant des portraits du défunt Fekhar tout en criant haut et fort et ce, pour la première fois depuis le début des marches à Oran, «Pouvoir assassin». Si auparavant le slogan «Ya chahid repose en paix, nous poursuivrons le combat », était consacré exclusivement aux chouhada, hier, feu Fekhar était associé à ce slogan, où des manifestants lui promettaient de continuer d'exiger le changement et le respect des libertés.
Ce vendredi encore, Gaïd Salah n'a pas été épargné par la foule qui a préparé un slogan pour dissocier le chef d'état-major de l'institution de l'armée «Peuple, armée frères et Gaïd est du côté des traîtres».
À son appel au dialogue et à la nécessité de tenir l'élection présidentielle, la foule avait une réponse claire «Gaïd, pas d'élections, pas de dialogue». Car, ils estiment que le dialogue ne peut avoir lieu tant que Bensalah et Bedoui et leur gouvernement sont toujours au pouvoir. « Dégagez tous, rien ne nous arrêtera, nous continuerons de sortir et de manifester».
Tout en dénonçant l'implication des Emirats arabes dans les affaires du pays, et des tentatives de prendre en exemple le Président égyptien Sissi, les manifestants rappellent que «Non Gaïd, c'est le peuple qui décide et l'Algérie est une République et pas une caserne».
A. B.
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