Oran - Revue de Presse

Parlement : Une clôture sur fond de supputations



La fin de la session parlementaire de printemps a été prononcée hier sur fond de supputations sur l'éventualité d'une révision de la Constitution qui n'a toujours pas de calendrier précis.

Si la rumeur d'un report de la fermeture du Parlement jusqu'au 2 août prochain avait fait son chemin, pour insinuer la faisabilité d'une révision de la Constitution, les responsables en ont démontré le contraire. C'est en effet hier, que les chambres haute et basse ont procédé à la clôture de la session de printemps comme convenu constitutionnellement. C'est peut-être un retard de quelques jours qui a poussé à la propagation d'une telle rumeur. Mais bien que des échos de hautes sphères estiment que «personne n'a demandé à personne de se mettre en situation d'attente d'une révision de la Constitution et que le président ne fait qu'exercer son mandat présidentiel jusqu'à la fin», toutes les instances restent pratiquement à l'écoute d'un éventuel bouleversement du calendrier classique. «Il est évident qu'il y aura une révision de la Constitution mais elle se fera en janvier prochain», nous a dit en début de semaine un haut responsable de l'Etat. A la limite, peu importe la date à laquelle elle interviendra, elle ne pourra en tout cas dépasser le début de l'année prochaine pour des exigences de timing institutionnel et légal du mandat. Ceci, si elle doit avoir lieu. Ceci étant dit, le président doit certainement savoir que depuis 2006, il tient en haleine tout un pays dans ses différents niveaux attendant de lui qu'il décide de réviser le texte suprême pour affirmer sa volonté de briguer un troisième mandat. 2006 a été l'année, faut-il le rappeler, où Bouteflika avait souligné la nécessité d'une telle révision parce qu'il estime que la loi ne sied pas à sa perception de l'exercice du pouvoir. Tout le pays est aujourd'hui otage d'une décision qui, faut-il le noter, a été formulée expressément par ses soins.

D'ailleurs, le chef du gouvernement l'a presque confirmé hier en marge de la clôture de la session parlementaire du printemps. Répondant à une question relative à la date de la révision de la Constitution, Ahmed Ouyahia a indiqué que cette échéance interviendra au moment «opportun». «Chaque chose en son temps», ajoutant «qu'elle relève des prérogatives du président de la République qui agira conformément aux dispositions de la Constitution». Sa précision à cet effet est de souligner que «la révision de la Constitution va venir parce que je n'ai pas entendu son initiateur (NDRL: le président) dire non.»

En effet, le président ne dit mot à ce sujet mais ne l'a pas non plus démenti. Comme s'il préférait laisser dans le doute tous ceux qui d'une façon ou d'une autre ont leur sort lié à la démarche. Ce qui signifie que ce wait and see concerne l'Etat dans l'ensemble de ses institutions, ses structures et ses missions. Bouteflika ira-t-il ou non vers un chambardement des traditions des pouvoirs, ce qui signifiera qu'il remettra en cause bien des pratiques, des visions et surtout des intérêts ? Nul ne peut se prononcer sans hésiter. Ce qui est vérifiable pour l'instant, c'est qu'il s'est agréablement accommodé de cette architecture et ce depuis 1999, date de son intronisation à la tête de la présidence de la République. Vouloir revoir les choses en profondeur au moment où il se retrouve en fin de règne convainc mal de l'existence d'une volonté de sa part d'instaurer un mode de gouvernance moderne et démocratique. Ceci s'il veut vraiment «revoir les choses» comme tout le monde se trouve à le croire. Dans ce cas, faut-il lui en vouloir de n'avoir rien dit à ce jour ? Certes, parce que ne pas le faire c'est accepter le maintien d'un statu quo qui nuit considérablement à l'Etat, à la Nation et au pays.

Ceux qui connaissent Bouteflika ne s'attendent pas cependant à des précisions de ce genre de sa part avant le jour J, c'est-à-dire la veille de la fin de son mandat présidentiel. Tactique, stratégie ou calculs politiques ? Le tout est possible pour un homme qui connaît bien le système politique au sein duquel il agit pour l'avoir pratiqué, visité et mis à son service le temps qu'il aura voulu. Il craint surtout dans ce cas, que des équilibres qu'il a décomposés se reconstituent au plus vite pour l'obliger à monter «des compromis» à la mesure de leurs intérêts.


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