Rattrapé certes par ses magouilles et éclaboussé, entre autres, par son implication dans des dossiers de corruption, Ehud Olmert a d'abord été éjecté de son poste de Premier ministre israélien à cause de sa mauvaise gestion de la guerre qu'il mena en 2006 contre le Liban, ce qui lui valut alors la défaite que l'on connaît.
Sa remplaçante à la tête du parti majoritaire Kadima, Tzipi Livni, ex-ministre des Affaires étrangères, devra donc être nommée prochainement au poste de Premier ministre par Shimon Pérès. Si les défis qui s'érigent sur le chemin de la prochaine remplaçante de Olmert sont nombreux et pas faciles, il n'en demeure pas moins, cependant, qu'il faut prendre les choses à leur juste mesure et de ne pas avaler tout ce qu'une certaine presse, acquise à cette femme, tente de nous faire croire.
Tzipi Livni a certes dû batailler contre ses rivaux à l'intérieur de Kadima et elle a même dû se contenter d'un écart fort réduit (43,1% des suffrages exprimés contre 42% pour son principal rival, Shaul Mofaz, qui n'est autre que le ministre des Transports), mais elle reste, tout de même, créditée d'une réputation qui devra, en principe, lui permettre de réunir assez rapidement un nouveau gouvernement de coalition. Vouloir faire croire le contraire n'est que pur brouhaha médiatique volontairement déclenché.
Là où Livni risque de rencontrer réellement quelques grincements de dents, c'est du côté du Shass, le parti ultra-orthodoxe que dirige Eli Yishaï, l'actuel ministre du Commerce et du Travail qui ne s'est d'ailleurs pas privé de lancer des rappels à la future Premier ministre dès son élection comme nouvelle dirigeante de Kadima. Apparemment le patron du Shass, connu pour ses positions radicales et fanatiques, veut hiérarchiser les préoccupations et mettre au tout début de cette hiérarchie le statut de la ville de Jérusalem qu'il range dans ce qu'il appelle «les biens nationaux», exigence à laquelle Livni ne peut répondre sans compromettre sérieusement ses chances de faire aboutir des négociations avec les Palestiniens, objectif qu'elle n'a pas omis de décliner d'ailleurs à côté de son désir d'enrayer les effets néfastes ressentis par l'économie israélienne du fait de la guerre de 2006 et de celui de la crise mondiale qui secoue toute la planète. Eli Yishaï n'a pas manqué, sur ce plan, de réagir aux paroles de Livni en la mettant ouvertement en garde de tenter de «s'occuper vraiment du million d'enfants qui ont faim».
Faudrait-il croire pour autant que la venue de Livni à la tête du gouvernement israélien pourra faire avancer le processus de paix en Palestine occupée ? Rien n'est moins sûr, mais cela reste à voir.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Aïssa Hirèche
Source : www.lequotidien-oran.com