Oran - Revue de Presse

Pakistan : Musharraf déclare l'état d'urgence



Le président pakistanais le général Pervez Musharraf a imposé samedi l'état d'urgence au Pakistan, justifié, selon lui, par l'insurrection islamiste dans le pays et le fait qu'une partie du pouvoir judiciaire interférait avec l'exécutif. «Le chef des armées a proclamé l'état d'urgence dans le pays et a pris des dispositions provisoires sur le plan constitutionnel», avait dans un premier temps déclaré sous couvert de l'anonymat à l'AFP un conseiller du chef de l'Etat et chef de l'armée, le général Musharraf, qui a pris le pouvoir par un coup d'Etat sans violence en 1999. L'ordre présidentiel instaurant l'état d'urgence, dont l'AFP a obtenu une copie, affirme qu'il y a «une augmentation notable des actions d'extrémistes et des incidents liés à des attentats terroristes». L'armée pakistanaise se bat contre des combattants islamistes proches des talibans et d'Al-Qaïda dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan et affronte des extrémistes dans une région jadis du nord-ouest du pays. Surtout, depuis juillet, le Pakistan a été ensanglanté par une vingtaine d'attentats-suicide, ayant tué 420 personnes. La pire attaque suicide de l'histoire du pays a frappé Karachi, dans le sud du pays, le 18 octobre, tuant 139 personnes, le jour du retour d'exil de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, engagée dans des pourparlers avec le général Musharraf pour un partage du pouvoir. Cette dernière est revenue samedi au Pakistan en provenance de Dubaï malgré l'état d'urgence, a déclaré à l'AFP son porte-parole depuis Londres. Par ailleurs, l'état d'urgence a été justifié parce que l'ordre présidentiel a qualifié d'»interférences» judiciaires. «Certains membres de l'institution judiciaire travaillent à l'encontre des pouvoirs exécutifs et législatifs dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme, affaiblissant par-là même le gouvernement et la détermination de la nation, et amoindrissant l'efficacité de son action pour juguler cette menace», ajoute le document. La Cour suprême, qui contrarie régulièrement les plans de M. Musharraf, devait rendre dans les prochains jours sa décision sur la légalité de sa réélection à la présidentielle du 6 octobre. La police et l'armée ont encerclé le siège de la plus haute juridiction du pays et son président, le juge Iftikhar Mohammed Chaudhry, opposant au président, a été remplacé par Hameed Dogar. Toutes les communications téléphoniques mobiles et terrestres ont été coupées et les retransmissions de certaines télévisions privées ont été interrompues. La Constitution a par ailleurs été suspendue, mais le Parlement et les assemblées provinciales continueront de fonctionner, selon les autorités. Le général Musharraf a prévu de s'adresser à la nation samedi, a ajouté le conseiller.
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