
Paix, sécurité, développement pour l'Afrique. Ce triptyque est devenu un objectif d'une urgence absolue pour les pays du continent. Il y a à peine 30 ans, l'Afrique était globalement confrontée à un seul défi, assurer son épanouissement social et économique. Aujourd'hui, la donne a changé. Car les défis d'un développement économique basé sur une croissance inégale ont changé de forme depuis que le terrorisme s'est imposé comme un obstacle majeur à la paix et la sécurité, passages obligés vers un état de grâce où les biens et les personnes sont protégés par des lois et un système de gouvernance libéré de la dictature ou de la tyrannie de régimes aujourd'hui déchus.Sans paix, sans sécurité, sans une bonne gouvernance, tout projet de développement humain, économique ou autre, est difficile dans un continent qui lutte par ailleurs pour se doter d'une solide infrastructure (routes, transports, électricité, télécoms, éducation, etc.). Il y a une vingtaine d'années, les termes de la problématique étaient d'évincer des dictateurs, des tyrans qui arrivaient par un coup d'Etat au pouvoir. Et aujourd'hui que la démocratie s'installe, même péniblement, est apparue l'hydre terroriste.C'est en quelque sorte une des grandes problématiques à l'agenda de la 3ème édition du Congrès international de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique que la capitale de l'Ouest abrite depuis ce dimanche. Les ministres des Affaires étrangères de pays africains devront en fait discuter de deux grands thèmes: lutte contre le terrorisme et développement. Sur le premier point, la cause est en principe entendue sur la nécessité d'éradiquer au plus vite la graine des terroristes qui essaiment maintenant dans des régions stratégiques du continent africain. Après le Nord-Mali, devenu une base arrière des groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda et même à Daech, il y a aujourd'hui la grande menace de Boko Haram, une franchise terroriste dont on ignore beaucoup de choses, mais qui se répand comme un cancer de l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique de l'Est. Cette franchise s'est installée à califourchon sur les régions les plus riches d'Afrique, celles regorgeant de gisements pétroliers et miniers, du Nigeria au Cameroun et au Tchad. La présence de ce groupe terroriste dans des régions d'Afrique où un début de progrès économique et d'aisance sociale a été enregistré depuis 2010 ne peut qu'être dangereuse pour la stabilité de ces régions, d'autant que dans la corne de l'Afrique, les groupes terroristes Shebab ont achevé de ruiner les espoirs d'une renaissance de la Somalie en tant qu'Etat et plongé la région dans la rapine, la piraterie, l'insécurité et l'accélération du sous-développement.Face à cette situation pour le moins très compliquée qui compromet l'existence même de certains Etats, sinon leur développement avec la destruction systématique des infrastructures par les groupes terroristes, la fuite des capitaux et des investisseurs, ou le tarissement des sources de financement du développement, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union africaine doivent trouver lors de leur rencontre à Oran des solutions rapides, urgentes, globales, africaines. Des solutions surtout applicables rapidement sur le terrain qui puissent ouvrir la voie à une lutte plus coordonnée et systématique contre le terrorisme et pour le développement, plus soutenue sur le plan financier et logistique par les organisations onusiennes notamment, pour éliminer durablement la menace terroriste dans le continent. Car, au-delà de la revendication légitime des Africains pour une meilleure représentation au Conseil de sécurité des Nations unies, un point d'ailleurs à l'ordre du jour de la rencontre d'Oran, la priorité, l'urgence du moment est de faire bloc uni, soudé contre le terrorisme qui jette une ombre préoccupante autant sur la paix et la sécurité dans le continent et maintient l'Afrique dans un état de sous-développement chronique. Une situation devenue intolérable que les Etats africains doivent combattre, seuls.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahdi Boukhalfa
Source : www.lequotidien-oran.com